Rétro-projecto

La figure imposée du « en 12 mois, il s’est passé ça » s’aggrave d’autant plus que cette année, certains se sont remués les méninges pour revisiter les grands moments de notre, déjà vieux, XXe siècle. Restons sur 1999 et résumons.

Lyon, cent Nuits pas

Que ce soit la plus belle et chaude soirée de l’année au Pez Ner avec Adam F, la déjantée nuit Sheila à l’Escalier, les afters moites de la Divine Comédie, les interminables beuveries familiales du VertuBleu, les coups de beats des « mixer-bars » (Funambule, Kafé Myzik), le parcours nocturne local est loin du conservatisme qu’on veut infiniment lui coller. Même si les efforts d’innovations se trouvent plus dans ses bars que dans ses discos, vous pouvez laisser tomber vos booms solitaires en appartement et mettre le nez dans la nuit lyonnaise sans forcément vous y ennuyer.

La fashion-victim se gaufre, le décalé s’éclate
1999 aura vu la métamorphose du Fish-boutiquiers en Fish-étudiants et son voisin de quai, La Marquise-pointue-et-sympa en Marquise-branchée (et un peu moins sympa). Coup du sort où le petit poisson mange le gros, où l’hameçon se trouve être plus appétissant dans une ambiance musicale coolante et authentique, à l’accueil chaleureux, plutôt que chez un distributeur de « branchitude » un peu trop hautain. Conséquence facile de l’évolution des murs noctambules où le « décalé » sous toutes ses formes (musiques, ambiances, décos) l’emporte sur l’aseptisé d’un pseudo-luxe fashion. La « Classe-toc » a ses clients lyonnais, seulement voilà, ce n’est plus l’air du temps (sauf au First, nouvelle disco remplaçante de La Station, cet automne).

Les gays s’hétérotisent
Après avoir ouvert à tour de bras en 1997, les bars homos s’animent dans la mixité. De jeunes et jolies filles s’introduisent dans ce milieu de mâââââles et font exploser le ghetto. L’United Café ou Le Village, chacun dans leur style, ouvrent leurs nuits chaudes à des couples dits « hétéros » et petites Lolita gay-friendly. En septembre, Le Fridge ouvre en lieu et place du Stardust et remplace les étudiants en bière par un brassage de gays et nightclubbers nourris à la hardhouse.

Danser dans la forêt
Les raves ou free-parties sont en roue libre et s’enfoncent dans l’ennui et les luttes entre tribus de travellers et autres djs pour qui plus le son est pourri, la boue abondante, mieux est la « teuf ». Au final, l’esprit de fête attendra la prochaine impulsion. Nous aussi.

Dj-disco-culture
Si la place du dj dans une soirée est devenue prédominante, le futur ne dépend plus complètement de ces jeunes gens, souvent talentueux, parfois prétentieux. La dérive qui a amené certains à inventer la sortie en boîte comme une représentation d’opéra («  »on vient voir un type qui mixe, on danse éventuellement sur sa musique » »), se trouve enfin recentrée sur le seul impératif de la nuit : danser, rire, baiser. Le dj ne devient plus une attraction (comme pouvait l’être également un gogo-dancer ou une drag-queen au milieu des 90’s). Il est juste un élément de la nuit qui fait qu’on bouge son corps («  »et que quand je serais miss France, j’interdirais la famine », me souffle Julien derrière le Mac). Le futur nocturne devrait être un mix audacieux de la génération disco hédoniste et généreuse et de celle, techno, du safe-sex et de la crise. Hourrika !

0 comments on “Rétro-projectoAdd yours →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*