Faut-il tirer sur les videurs ?

Vendredi, TLM rediffuse un débat sur le délit de faciès effectif à l’entrée des discos de la région. Monsieur Pakloglou, président de l’association Lyon La Nuit tente de nier à l’antenne (il a pris du Guronsan pour tant de courage ?) ce qui se vit tous les week-ends à l’entrée des discos. Des dizaines de « pas Français » qui, en résumé forcé, reçoivent un : « Toi, le bougnoule, tu ne vas pas venir ici nous faire chier. On est un établissement respectable et responsable » soit « vous, métèques, n’êtes ni responsables et encore moins respectables ».


Plus loin dans l’émission, le président aborde avec beaucoup de circonvolutions ces « communautés à problèmes » (les Maghrébins en langage politiquement correct). A priori, ce n’est pas cette « communauté » qui pose problème mais certaines individualités de n’importe quelle « communauté ». La violence urbaine existe (encore plus virulente la nuit) et la mise en place d’un service d’ordre musclé et imposant est nécessaire pour la sécurité des nightclubbers. La dérive s’installe lorsque les patrons de clubs laissent à leurs videurs le rôle de portier, celui qui est censé accueillir en premier lieu les fêtards. Dès lors, que ce bibendum de la sécurité ait des consignes strictes voire racistes de la part de son patron ou pas, on imagine aisément que pour ne pas avoir à abîmer son beau visage glabre, il peut prendre de sa propre initiative le choix de faire du délit de faciès. Une question se pose alors : ces videurs sont-ils formés pour déceler l’Arabe fêtard du casseur ? L’étudiant qui va faire chier la jolie fille de celui qui va être courtois ? Plus mercantilement, celui qui va laisser beaucoup de francs, de celui qui n’a pas un centime en poche ? etc… Plus encore, la nuit donc la fête, doit-elle reposer sur la notion de sécurité dictatoriale ? N’attendons-nous pas d’un club qu’il nous accueille avec sourire (comme chez mon boucher) tout en nous garantissant une certaine sécurité. Ce vendredi, nous avons sévèrement gambadé sur les sets déstructurés electro-house des F-Communicators, Llorca et Feadz, à La Marquise. Julien me questionne : « Alors, la Marquise, c’est moins sympa ? », en réponse : « Non, à l’intérieur, tout va bien. Ce sont vos videurs qui posent problème ». Et pourtant, La Marquise est un des rares lieux ouverts à tous. Sauf que depuis l’arrivée de son service d’ordre, son bas de port est frigorifiant (sauf si vous êtes journaliste) et que pour avoir quelques atomes très crochus avec ce club, nous espérions une formule d’accueil plus originale et aux couleurs de son intérieur : chaleureux et convivial.

Fun is a drug. Mercredi, Fraggle, Junior et Baretta rendent hommage à Curtis Mayfield au Mushi-Mushi (8, rue des Augustins, quartier Terreaux). Jeudi, Kaly distille du dub au Bistroy et plus haut des les pentes, le Monde à l’Envers propose un North Sound avec OB1, Fabrice et David Mai. L’àKGB sort l’electro-pop de ces tristes 80’s pour swinguer Depeche Mode et tout et tout. Vendredi, au Studio (12, quai Saint-Vincent), Tracks avec Rickk’s, Anton’X et plus au 06 60 50 00 56. Dans la coque de la Marquise, Jurgen from Jazzanova, Eva Gardner et Spider font rouler les galets sur du latino jazzy « in da groove ». Samedi, une free est annoncée par Neutral Korps et ses NSA, Got’x et Lsdf au 36 72 22 01 155. Au Fridge, Gay se fait tripoter par Luck et la voix insupportable de MC Dave (coupez-lui le mic !! pitié !!). Au Box Office (30, bd Deruelle, quartier Part-Dieu), Amenophis joue la décadence avec Fred X et Maï.

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