Peep Deluxe

Un champ de roses en lévitation nous accueille, mercredi, à l’agence de Michel Essertier pour une de ses petites fêtes que l’on ne croise, hélas, que dans un cadre privé. Beaux-hardeux, écrivains, architectes, insatiables alcooliques de compagnie, Agnès, traînent d’une salle à l’autre en discussions intello-sexuelles. En véritable bombe de séduction, Geneviève en a assez : « J’arrête. J’étais avec un fabuleux métis. Mais je n’en peux plus. »

À la quête d’un impossible verre, nous tournons autour d’une cour infectée d’araignées géantes en plastique et saluons la nomenklatura locale (pas les cocktaileux institutionnels mais les allumés intelligents et sensibles). Je tombe sur le magnifique et charmeur Philippe Moncorgé qui sculpte un bout de jambon sur canapé. Ours Fort nous rejoint sans son habituel costume de RPR pour se plaindre d’un « t’imagines, 70 000 francs seront alloués par arrondissement pour la fête de la musique 2000. Que veux-tu faire avec ça ? ». Nous échappons à cette triste nouvelle qui n’émeut personne vu la folie régnante chez les festifs de l’hôtel de ville : « 2000, année triple zéro » restera le slogan officieux de la municipalité. Marie-Êve et Christelle nous emportent au Mushi-Mushi où nous errons dans des discussions éclatées. Philippe absorbe ma fascination : « Je suis peintre-Rmiste qui expose à la mairie du deuxième toutes les structures institutionnelles qui apportaient un soutien aux personnes comme moi disparaissent. C’est dramatique. Tu sais ce que j’ai dû faire pour m’insérer matériellement dans cette société ? J’ai créé une entreprise qui s’appelle L’Entreprise de l’Échec. Je dis aux mecs qui réussissent : ‘Un jour, ça n’ira plus et ma boîte vous accueillera’. » Ours Fort craque sous les coups de pintes et tout le monde s’éclipse. samedi, Claire grelotte toujours sous la couette à ruminer sa grippe : « J’attends votre potage », me télémessage ma « relation par défaut ». Dj Arnie m’invite à dîner et nous dissertons encore de « la culture dominante est effectivement le hip-hop : la mode vestimentaire, la musique la house n’est plus qu’un genre comme les autres. Il est stérile et la techno encore plus. C’est l’effet du commerce de cette musique et du mouvement underground qui soit s’est fait casser par les flics au début des 90’s, soit à virer dans ces free-parties de cramouilles sectaires. Il n’y a plus ce brassages des premières raves où la house était expansive et fraîche. Aujourd’hui, ce ne sont que des cloisonnements et musicalement ça ne progresse pas. Tout est en stand-by », s’emporte le gaillard. Nous bougeons au Village-Club où l’on s’arrose d’attouchements et rires moqueurs (« J’adooore ton polo. Tu l’as acheté où ? – À Tokyo. – Tu sais Zara, c’est Internatinoool »). Nous partons à la Divine ComédieThierry joue à des succions de mythomanes dans les toilettes, Arnie observe un couple travelo-hétéro dans la backroom (« Non ! Non ! Ne me touche pas la foune ! ») et deux amoureux s’endorment enlacés sur une banquette pour épuisés. Merveilleux.

Calme et tranquille. Mercredi, Russian Percussion Tour à la Marquise s’avère être le plus excitant de la semaine avec l’impeccable dj Vadim de Ninja Tune, Mr Things, Kela et Blu Rum 13. À côté, au Fish, Let’s Dance avec P-Moore, la délicieuse Roussia et Lil Boy joue la concurrence de qualité. Samedi, Soul Spectrum Party toujours à la Marquise avec Spider et Keb Draqe. Madcap et sa famille explosent le Bart (7, rue Romarin) avec Nokman et Imao lors de la New-Eden Party 6 et le reste n’est que rabâchage.

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