Body and seul

Semaine de rêve où je m’imagine dans une nuit inouïe. Une nuit où Lyon serait à l’heure de la prospérité tant vantée, celle qui fait sauter les tribus frileuses des périodes de crise. Une nuit où des agents de sécurité ne tiendraient plus la porte de la disco ; où le patron aurait compris que « c’est en incitant au mélange des genres et porte-monnaie que l’on fait les plus belles fêtes » ; où le dj regarderait plus le dancefloor que ses platines ou ses potes djs ; où  » Claire aurait des couilles » (dixit Le Bimb) ; où le mot « Party » serait banni des flyers et remplacé par « fête » (histoire d’assumer pleinement l’objet festif de la soirée annoncée).


Une nuit où les stylistes auraient enfin foutu la raclée à l’aseptisé dictatorial du look streetwear qui infecte bars et discos (quand Carrefour et mon grand-oncle s’y collent, il est peut-être temps de renouveler la mode) ; où chacun pourrait s’égarer dans l’illicite d’attouchements anormaux ; où Marie-Hélène ne me réveillerait plus à deux heures de l’après-midi pour me messager : « L’autre soir, j’avais un peu bu. Je t’ai dit des trucs que je n’aimerais pas trop lire dans Nuits Mobiles ». Une nuit où tout organisateur ayant de bonnes idées ne serait plus obligé de se demander « Mais où pourrais-je faire cette soirée ? » (circa ce parisien courageux, mercredi : « À Bordeaux, nous n’avons eu aucun problème. Ici, cela me semble tout de suite compliqué ») ; où les raves pointeraient leur beau retour et renourriraient enfin la musique électronique dansante ; où Raphaël se déciderait à prendre en photo sa queue en érection dans les toilettes du Funambule. Une nuit où les bordels gays ou échangistes sentiraient le sexe protégé mais joyeux ; où certains arrêteraient de penser que la House Nation est le nouveau rock à partir duquel on se rebellerait comme un idiot (est-elle toujours vivante ?) ; où Mireille arrêterait de me voir comme un Pierre Clémenti édenté ; où les gros investisseurs nocturnes deviendraient courageux (« Chabert (multi-patron des Oxxo, Fish, First) a beaucoup fait pour Lyon », osait un noctambule interviewé dans les colonnes d’un confrère. Oui, il a certainement beaucoup fait dans le conservatisme et dans la fausse idée que les Lyonnais sont des pépères dès 25 ans). Une nuit où les Gus Gus du Fish, vendredi, seraient mieux compris par de petits étudiants tranquilles ; où Françoise sortirait toutes les nuits en compagnie du beau Pierre. Bref, une nuit qui échapperait au « Je ne sors plus. Je dors. Parfois, je prends un apéro au 2P + C et à 2h je suis au lit. Que veux-tu faire ? ». Les propos du trotteur croisé ce samedisemble à la fois pessimistes et encourageants. Encourageants pour tous ceux qui pensent que les nuitards lyonnais sont plus nombreux que les bonnes fêtes. À nous de les faire sortir.

Revue de danses. Mercredi, Manoo perpétue la tradition soulful au 2P + C et sa Oldies But Goodies. Au Fish, Groove de là plante ses flow sur le Fish avec DDD, Krisfader et Samir. Jeudi, Le Monde à l’Envers souhaite Welcome au Nantais Tomawak accompagné des habitués Lem et Bastouille. Vendredi, l’apéro se prend au Balbuz’art (22, montée des Carmélites, quartier Croix-Rousse Pentes) ou chez Art Com Studio (6, rue Mazard, quartier Perrache). Plus tard, Spider, dj H et Fraggle font la ronde autour des seventies lors de la Keep da Fire Burnin’ à La Marquise. Samedi, le Box Office reçoit Agoria, All’N et Didier Largeman pour Kiss ! Les free-parters se disperseront à Infra Bass avec Nathanael K, Yan et Silverbard au 36 72 x1 09 08 79. Public Averty danse avec Little-M, Max, Redolph au 04 78 42 17 90. Pour la tradition, le Phbus Café programme le reggae de Yao Kan (22, rue Pouteau, quartier Croix-Rousse Pentes). Dimanche, Radi Tabasco (Mad-Lausanne) est l’invité de la Police Factory au Fridge.

Music for babies. Mercredi 1er mars, la maison Pussy Foot enveloppe La Marquise pour un live d’Howie B et son staff. On y va les yeux fermés et les oreilles nettoyées. En attendant la semaine prochaine, redécouvrez son premier album « Music for babies », hermétique et confortable comme un foetus. Histoire d’apprécier l’art du multiplatinium producteur.

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