Cette violence que ma couleur de peau ignore

Retour sur nos nuits de testing. Vendredi 3 mars, nous posons les dernières mises au point de notre enquête. Amel et Mohammed sont tout sourire et acceptent ce qui sera, au final, un jeu de massacre. Le grand et beau jeune homme sort de la salle de bains endimanché de N&O minimaliste et velouté : « Ouf ! On dirait que je vais à un mariage. » Nous lui conseillons de balancer la chemise blanche pour un pull en V moins princier.

Plus tard, lors d’un dîner collectif au VertuBleu, un jeune habitué me cherche dans un discours : « Viens plutôt faire un testing dans mon entreprise. Tu verras, iI n’y a pas un Arabe et les femmes se taisent. C’est peut-être plus intéressant. Non ? » Je pars brièvement dans cette fausse dualité, qui ne peut que se vicier, entre l’insertion par le travail et l’insertion par les loisirs. Nous nous retrouvons rapidement sur les quais, planqués derrière des voitures en stationnement, à constater l’hécatombe sur ce chemin d’enseignes tapageuses et pleines de lumières. On imagine les yeux vidéos tramant un petit moniteur dans le sas d’entrée. Les portes s’entrouvrent et se referment banalement. Anne-Sophie et Raphaël reprennent le relais et se font balayer le chemin des lieux d’une large et amicale bienvenue. Au fil du parcours, les deux qui n’ont pas choisi leurs faces belles et colorées, et à qui on ne semble pas donner le choix de leurs loisirs, se retranchent derrière des sourires de bons joueurs. Notre huissier enfile cigarillos sur cigarillos. Le photographe se fait transparent et les deux chanceux, à qui la nuit appartient, patientent, paisibles. Sur la fin, les deux couples semblent de plus en plus proches alors que la nuit ne les a que séparés. J’accuse une poussée de chaleur à se plonger la tête dans la glace. Une rage qui monte et brûle le visage. Mes yeux se barrent de lignes humides et j’ingurgite au concret cette violence que ma couleur de peau ignore. Au petit matin, Programme tourne sur la platine CD et son Cerveau dans ma bouche m’inspire la vision de ces salles de jeux bruyantes, peuplées de cette jeunesse rejetée, où l’entrée est acceptée par une simple pièce de cinq dans la fente, où le défoulement solitaire se fixe sur un combat virtuel.

The roof is on fire ! Vendredi, Fireball au Bateau Blanc avec Adam F, J. Majik, Mc Mc en jungle jammers. Certains parlent encore avec les pupilles qui frétillent du précédent passage de ces tueurs de dancefloors au Pez Ner l’an dernier. Si la combine fonctionne comme la dernière, les absents se mordront les mollets de regrets pendant tout le printemps. Indispensable.

En tournée. Jeudi, les Jumping Bass font résidence au Monde à l’Envers avec Yellow, Dan et No. Vendredi, les raveurs seront de la Reload en techno-compagnie de D’Jamency, Max LSG, T.Blitz et plus au 08 36 68 36 72 code 12 03 2000. Au Pez Ner, Bucolic eclectric electronic avec Buzz, Puzzle, LRA et Al Capone. Pour levez les bras sur de la Trance, L’Indian Café (16, rue Longue, quartier Cordeliers) à Bio, Max LSG et Damien pour Infinity. Samedi, Mr Scruff du Ninja Tune sourit à La Marquise avec de l’electro et house tordante. Une free-party Techno Terroriste s’avance au 36 72 * 1 99996 66. Dimanche, dj Freddy, Didier Largemain et Brahm’s se charge de la Submission du Box Office.

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