La nuit, les patrons sont gris

L’Afedd 69 est née. Pour les rebutés des sigles fumeux, Afedd signifie « Association française des exploitants de discothèques et dancings ». Et c’est Monsieur Cazzaniga, patron de La Rocade qui a décroché le titre de président départemental. Pour ceux qui n’ont pas de voitures à ailerons et de copine choucroutée au Gel ultra de chez l’Oréal, La Rocade est une disco à Corbas un peu comme ce charmant Perroquet Mauve de Limoges, visité ce week-end.

L’Afedd 69, donc, vient de signer une jolie charte de 60 pages pour traiter des gros problèmes empoisonnants le tiroir-caisse des patrons de discothèques : l’alcool (pas si grave, ils en vivent et nous en rions), le bruit (l’établissement qui a les moyens s’en sortira toujours, les petits patrons de bars, à voir) et le raciste. Sur ce dernier point, les testings effectués par Lyon Capitale et SOS Racisme font bourdonner les oreilles : « Pardon ? Le racisme ? Chez nous ? Mais vous n’y pensez pas ! Le mélange des genres est notre raison d’être », se défendent les chefs d’établissements. Du côté des pouvoirs publics, on fronce les sourcils sur la question tout en refusant d’ouvrir les yeux (la Codac est partie pour s’enliser à faire tourner la question lors de tables rondes centrifugeuses). Qui va taper finalement un grand coup chez ses conservateurs, pas tous jeunes, aux pratiques racistes ? Lyon se prétendrait-elle internationale mais pas « interraciale » ? Au-delà de ses propres enfants pas assez blancs, la ville doit-elle expliquer dans ses brochures touristiques que « si vous êtes un ressortissant étranger, un peu basané, et en déplacement sur notre ville, n’allez surtout pas en discothèques, restez dans votre hôtel » ? Les hommes politiques et la préfecture n’ont-ils pas les moyens de procéder à des testings officiels et de punir, non par une fermeture définitive mais une autorisation d’ouverture réduite à 2h au lieu de 5h, les discos racistes ? Peut-être nos élus pensent-ils que le rayonnement de notre ville à l’échelle internationale se limite aux horaires d’ouverture de nos chef-d’uvres touristiques et ignorent-ils que toute mégapole internationale digne de ce label vit aussi la nuit et dans un vrai mélange (putes, discos, métissages) ? En attendant qu’elle se réveille, la nuit ici ressemble beaucoup à celle de Limoges et peu à celles de Barcelone, Paris, Milan ou Hamburg.

Rage for the dance machine. Mercredi, Le Fridge secoue son dancefloor avec une Rage de Lyon exorbitante : Agoria, Alex K, Onark ainsi que les non moins excellents Eric Borgo et le Dijonnais Dima tripatouilleront les potars et essayeront de vous en mettre plein les pieds. Le tout ne coûte que 50 francs et l’apéro se fera au Bistrot de la Pécherie avec le « rotax » Teddy G et résidents habituels. Vital de la semaine.

Sunny Sounds. Mercredi, le hip hop de Dj Abdel, Duke et Krisfader s’installe au Fish sous couvert de Dunk : night system. Au 2P + C, All’N prend possession de la Oldies But Goodies. Vendredi, F Communication (Again) à la Marquise avec Alexkid et dj Seep pour de la house hélicoïdale (en gros, un mélange de downtempo, des bizarreries éléctro et garage chaleureux) pendant qu’au Monde à l’Envers, Tonio et Onark feront Tek Control pour les plus hargneux. Au 08 36 68 36 72 code 28 04 2000 vous en saurez plus sur la Twisted des Agoria, D’jamency, Anton’X et confrères pour prendre l’air. Samedi, le Tunnel relie Anna Franil, Bio, Max Le Sale Gosse, Nimo et plus à l’Infinity trance. L’after est annoncée à l’Elément à moins de rallier le très chaud after « La Divine s’expatrie » du Box Office. Dimanche, la maison Dékapé fait son Week’N’Graf de 14h à 22h à la Cave à Musique de Mâcon afin de pouvoir ensuite attaquer la soirée Gay (tout simplement) du Fridge avec dj Luck en metteur d’ambiance.

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