Le trèfle à deux coeurs

Deux toiles fleuries de trèfles à trois feuilles, pendues dans les hauteurs amoureuses, cachent deux hommes nus : le bonheur. Dès que les jambes perchées sur escabeau vont se rhabiller, l’amour se perd en pas chassés comme si toucher le sol devenait une dure mise à pied insurmontable.

Plus tard, un immeuble en carton, aux murs débordants, et des humains-automates qui rêvent de s’en extirper. Suivra la merveille d’un couple enlassé sur une chaise et lâchant ses pensées stériles pour un corps-à-corps fertile. mercredi, l’insupportablement beau Philippe M. m’invite à ces tableaux de Pièces Détachées chez le collectif de Maguy Marin, Ramdam à Sainte-Foy. On y danse sur scène comme on y boit simplement du rouge dans la salle voisine. Philippe s’enfonce, visage doux, dans la misogynie douzième degré : « Je pense que la femme a été inventée pour que les vendeurs puissent refourguer leurs portables, sacs à main et tailleurs à la mode. » L’adorable. vendredi, Claire rentre de Paris et Le Bimb en arrive. Nous entreprenons une soirée décalée au Confluent, mégaboîte de La Mulatière. Par chance, « les baskets blanches de monsieur Ça ne va pas être possible », lobotomise le videur. Accompagnés de Primabella, Anne-Lise et Christophe B., nous partons chanter au Trans Europ Express, « karaoké Machine » à lècher le micro en bavant du gin de chez Lidl. Christophe s’exerce à un Sous le soleil de Mexico fabuleux alors que Le Bimb nargue le « MC, il ne serait pas un peu fou de son corps à se caresser comme ça ? ». Le dimanche se perd et lundi gagne un échange de convertis au Village-Club : « J’ai l’anus tout détraqué. Je n’arrête pas de péter du gel », annonce un Dominique fraîchement dépucelé du cul. Le Bimb ferme les yeux et nous nous retrouvons dans le vocodé subliminal du Paradise (Not for Me) de Madonna sur l’aimable album de Mirwais (Production), bien collés sous les draps, un trèfle à deux coeurs au pied du lit.

Fin du lundi au soleil. Mercredi, au Monde à L’Envers, la Luluterie accueille Bastouille, P. Moore, Strat et Saint-Jean pendant que le magazine Version 6.9 attaque le Fish avec Crazy B, Duke et Evok. Jeudi, d’un côté le Jarring Effect s’installe au Pez Ner avec High Tone et l’Indian Café (18, rue Longue, quartier Cordeliers) bidouille drum’n bass avec Cyb, Nyto, Sherlock, Kaiser Sauze et Bob. De l’autre, les étudiants de Tec de Co font Summer Time à La Cour. Vendredi, pour les « croix-yants » et petits curieux («  »Va-t-il y avoir plein de jupes plissées bleu marine ? » »), la troisième Biennale d’art sacré contemporain prend l’église de la Sainte-Famille (9, rue Longchamp, Villeurbanne) pour un centre d’exposition moderne et ouvert (!?) dès 18h. En soirée, L’Incroyable Funk devient vert de force au HS Café (3, rue Désiré, quartier Opéra) avec Broza Fragg (le), Love, Nab et autres amuseurs de guibolles. Prescription à forte dose conseillée. Samedi, Wake Up continue d’aguicher le gay-clubber au Fridge avec Esteban et D. Troy aux pick-ups.

Music is my life. Après, Frédéric Galliano, Nahawa Dumbia et Philgood ce mercredi, le XXIst Century Music Live Sessions (un peu pompeux-gonflant ce nom) continue à La Marquise, jeudi, avec Playin 4 the City pour de la house très « deep-deep inside ». Vendredi, Le Peuple de l’Herbe, dopé par dj Blue Bug des Knock Heads, regazonne la péniche d’un son bien gras et lancinant. Samedi, le festin se termine avec Solano et Philgood pour tous les danseurs portés sur les ritournelles caribéennes et le travail des reins en cadence.

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