Trop tôt pour un soleil trop haut

Le pas usé par un dîner au VertuBleu suivi d’un verre passé à l’UC, les quais du Rhône s’endorment entre flux tranquille du fleuve et ralenti du cours d’autos. Vendredi, 3h, deux voitures s’arrêtent, huit personnes en chair jeune et têtes creuses se jettent sur les arbres un balais-colle en main et des « Pas de défilé pour les enfilés » ou « Planquez vos gamins » en guise d’idéal.


Ma gorge rageuse en sort muette et ma détermination pour une cinquième participation à la Gay Pride encore plus sûre. Samedi, le défilé se fait chaud et perméable à tout le centre-ville. Les honteuses sur trottoir se noient dans le courant technoïde et des shoppineurs du samedi aux fêtards spontanés, la Gay Pride se désexualise à en devenir belle. Nous galopons d’un VertuBleu en fête à une rue Royale piétonne où une poussée de terrasses absorbent nos gosiers tendus par un après-midi assoiffant. La post-nuit de pleine lune excite la Scream du TransbordeurJean-Albert rivalise avec un beau serveur du carré Vip dans le look d’avant-garde, Tom Cruise période Top Gun. Ce dernier n’ose encore nous inviter à l’inauguration automnal du shop Muji bientôt sur la place locale. Jacques Haffner, verres fumés fuschia à fleur des yeux, nous fait liquider le champagne en moins de deux. La splendide Françoise, inséparable de son escort-pretty-boy, Pierre Le Magnifique, s’isole dans une brève mélancolie avant de me ravir d’un « je vous aime beaucoup, je vous aime tout court » pour m’embringuer dans une séance de frottis exagérés. Jérôme me fait triquer et m’en excuse sitôt auprès de Françoise. Claire se fait absente, puis râleuse devant tous ces big Jim bodybuidlés et tirés à la chaîne. Les navigations entre les deux salles nous poussent aux excès d’attouchements et ivresses éthyliques : Christophe B. et Primabella butinent le vaste dancefloor où Freddy, planqué derrière l’immense croix polaire rouge feu de Pénélope, éponge nos corps d’une hardhouse onduleuse. Guillaume Tanhia et Jean-Luc nous embarquent pour l’after de L’Ambassade où Sandy Rivièra des KOT, débarqué du Fish par Active Prod., nous ouvrent les yeux sur un dimanche où le jour se fait trop tôt. En pleine lumière, j’interpelle le dj d’un « please, give me your sunglasses : the sun is too high, too beautiful ». Le beau Portoricain me tend sa monture et nous atterrissons, à l’île Barbe, sur la terrasse de Philippe Jocteur pour son petit-déjeuner annuel. Olivier se moque des Japonais en plein « clics » devant l’un de ces derniers rendez-vous de générosité. En nocturne, Christophe narre l’époque révolue de tous ces grands princes offrant gracieusement, pour le bonheur de leurs proches, des soirées somptueuses. Juste pour le plaisir et la beauté du moment. Merci Monsieur Jocteur.

Court paragraphe sonique. Mercredi, Fête de la musique et histoire de copiner avec Ours Fort, L’air du Temps bat le quai du Rhône, en face du Fish, avec Manoo, Duke, Elea, Switch, Mc Gregor & Alexander de 16h à minuit. Vital et gratuit de la semaine. Au Bistroy, c’est dj Flashback qui initiera les un-deux-grounds au disco. Jeudi, le 2P+C débute son week-end Soaps (où l’on ne comprend pas bien ce que « Starsky aka PMG et Hutch » ou « Drôles de Dames » viennent s’inviter sur le flyer) pendant que Melting-ka défile sur le plateau de la Croix-Rousse dès 21h avant de finir salle de la Ficelle avec Love, Grum, Slider et Alex Da (ré-actline au 04 78 39 88 79). Samedi, Dee Nasty et David Chong font ping-pong hip-house à La Marquise sur le départ pour Jazz à Vienne. Dimanche, Willow s’invite à la Fire Factory du Fridge pour une bastonnade sonore.

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