Élans mécaniques

Jeudi, après La Vierge des Tueurs de Barbet Schroeder (grand film débordant avec troubles et questionnements de la toile blanche, même géante), je rejoins Olivier, demi-vierge dans sa catégorie de jeune gay dérivant de bars en Cap Opéra (place Louis-Pradel) : terrasse humide et lieu des plus agréables depuis trois mois déjà. Au Funambule, le trottoir se tient à carreau depuis la suppression temporaire de l’autorisation de fermeture à trois heures.


Malgré tout, quelques-uns « trotinnettisent » gentiment et l’horloge frappant une heure, nous grimaçons vers la sortie, le bec de bière desséché. Vendredi, Cécé ne tient plus : « J’ai rendez-vous avec une superbe blonde militante à la LCR. » Peu importe le gratin présent lors de l’inauguration du Ninkasi Kao (la tout-terrain Marie-Chantal Desbazeille – sans Ours FortPatrice Béghain ou la ravissable nymphe, Helena Roche), Cécé a la libido qui gonfle comme les fûts d’acier de la brasserie de Gerland. Trop d’étudiants rockeux pour ne pas pousser jusqu’au tout nouveau Lax Bar (2, rue Coysevox – Pentes) peuplé de grands gaillards gays où Philippe, joli serveur un peu trop musclé, me fait chavirer les PMG (gin-tonic-sucre en poudre). Cinq minutes auparavant, nous stationnions sur le quai de la station Bellecour où deux CRS formaient le couple du week-end (l’un carré avec petit ventre et croisant virilement les bras, l’autre flottant dans son uniforme, le bassin cassé par une main de jeune fille). Cécé faisait rire Claire d’un « je suis pro-Pasqua et quand j’étais petit, je voulais devenir CRS ». Ma princesse sentant la blague : « C’est très tendance de se dire de droite. » Autant que les pantalons écossais punky, c’est dire. Nous courons sous la pluie au VertuBleu, chahutons au Mushi-Mushi devant un Kamel besogneux mais toujours aussi tendre puis fermons le Voxx en bâchant une bimbo colorée en brune. Son loulou pleurniche : « Qu’est-ce qu’elle a ma copine ? Elle n’est pas assez mode ? ». Dans le froid du retour, Sébastien me narre sa nuit sur portable : « J’ai fait Le Trou puis Le Brick. C’est bizarre, cette rentrée est beaucoup moins ‘rentre dedans’ que d’habitude. Les mecs baisent tendre. » Z2 supplie un appel : « Qu’est-ce que tu fous ? Tu es où ? » Dans mon lit, le Robert Owens chantant du Photek.

Police sounds. Mercredi, dès 20h, c’est Arture, les artistes dans la nature au niveau des pieds humides du pont Wilson. Rendez-vous entre allumés avant un dîner décontracté (04 78 95 45 80). Pour ceux qui mangent du son, le hip-hop de Cut Killer et dj Abdel prend d’assaut le Box Office. Jeudi, dans le cadre de Lumière en Scène (université Lumière – Bron), une Fête des nations étudiantes entourée d’expos de Sylvie Sauvageon, Danièle Tisseyre, Pascale Marti-Vivès et Mahjoub Ben Salem sera la grande soirée nocturne de cette orgie de manifestation. Ré-actline : 04 78 77 23 10. Autre style, le Bistroy donne dans le rap-core de Svinkels. Vendredi, au Fish, Electro Deluxe reçoit Ski Oakenfull pendant que Le Monde à l’Envers, la Rencontre Trance-Psyché réunit Gaspard, Gill et Tajmahal autour des platines. Un combat au sommet du bidouillage electro-dub placera Kally et Another Sound System Experience au centre de la scène du Ninkasi Kao. Samedi, dj Punk-Roc fait son retour barjo-beats à la Marquise. Les gays sportifs tenteront leur chance à Wake Up The Ring avec dj Le Doc au Fridge. Lundi, Quoi de neuf ? déballe l’art expérimental chez Ramadam, petite usine à rêves associative à Sainte-Foy où la curiosité est maladive mais sans prise de tête (dès 19h30 et résa obligatoire au 04 37 23 09 15).

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