Même les anges perdent leurs plumes

« Tu parles. En Algérie, par exemple, les femmes se refont un hymen tout neuf avec des poumons de crapauds », nous apprend vendredi, Geneviève, les yeux pétillants, entre deux coups de fourchette dans un exquis « riz pila-poulet » attablé par la paire Christophe B. et Primabella. Plus loin, le coeur léger, le foie travailleur, je pousse la porte mi-close du Mi Mots Arts (11, rue Lanterne, Terreaux) où l’hypersexy Z2 m’attend en compagnie d’un Jean-René en verve et gentiment rentre-dedans : « Tu es inculte. Tu ne connais même pas l’Ancien Testament et la triste fin de Saint-Jean-Baptiste », se désole le gentleman.


Il nous narre la danse des sept voiles de Salomé pendant que je joue avec un Mogwaï Tamagoshi en peluche. Z2 s’exalte, un quart sérieux : « Il me faudrait un mentor cultivé comme Jean-René. » Nous nous pressons au surréaliste et décalé Medley (rue Childebert, République), après prise en otage du gentil gremlin (« tu lui mets le doigt dans la bouche et il fait ‘miam..miam’ puis rote »). Sous la voûte de la disco gay, Richelieu amuse la galerie des glaces en switchant d’une Boule de Flipper de Corinne Charby à un C’est la ouate qui plaque Jean-René en mouvement sur le miroir. Z2 se retrouve vite hilare et, tout en le serrant tendrement dans mes bras, drague une jolie A. qu’il ne lâchera plus qu’après quelques gentillesses du bassin dans l’appartement. Samedi, après un dîner au nouveau VertuBleu (« nouvelle carte de visite, nouvelle clientèle, nouveau serveur », déconne Jean-Luc), Claire m’arrache des griffes de ce monde en pleine dérive pour investir le Bal Oriental de la Biennale de la danse au Transbordeur : douce évasion où l’on sniffe du narguilé au déo-wc fraîcheur pomme verte et se frotte à de belles djellabas et de souriantes dames juste voilées. Une belle nuit qui m’achève et me plonge dans un rêve qui tourne au cauchemar : « Une nuée d’anges volent dans un ciel aux mille pétales de roses blanches. Les ailés finissent par perdre leurs plumes et chutent un à un dans un fracas assourdissant » jusqu’à me réveiller.

Good times. Après Ashley Beedle, Gilles Peterson ou Joey Negro, Norman Jay & Joey sortent leur compilation selecta. Good Times(Nuphonic Rec.) tire les bons fonds de tiroirs de la soul, hip-hop et garage. Il en sort Steve Wonder, KRS One, Loose Ends ou le roi James Brown.. double album de rentrée idéal pour réviser ses classiques.

Bring da beat back. Jeudi, le FBI Café (2, rue de la Monnaie – quartier Mercière) cible la Mafia avec une Soirée Scarface et, en bande-son, le meilleur des films à gros calibres vengeurs. Original et à voir. Au Waff (13, rue Neuve – Quartier Terreaux) , In The House se pratique avec Sanou, I.Gor et Nikko. Vendredi, les parisiens Vinx et Alix, suppléés de Lem, exportent leur label Krysalid au Monde à L’Envers. Toujours techno, au Studio, le Kaléidoscope tourne sur les platines de Nemo, Alex K, Onark et Olive. Lax bar (2, rue Coysevox – Quartier Pentes) ouvre dès 21h à tous les gays-chasseurs. Au « Ninka' » (ça fait tellement jeune d’abréger), la fête inaugurale de la salle de concert KAO réunira entr’autres In Extremis et Namas Pamos. Samedi, toujours au Kao, ce sera le tour de Cox 6 ou encore Cornu d’essuyer les plâtres de la nouvelle salle. State Of Bengal invente le mix « transgender » entre world pakistanaise et brit electrobeats à La Marquise. Apostasis se dansera indus-gothic avec Evil flowers, Psycho Industry et Omnicore. Cette soirée se déroulera à l’Ibiza (21, rue Pouteau – quartier Pentes) comme quoi, les gothiques savent aussi faire preuve d’humour. Au Fridge, lancement de la mensuelle Klub avec Damien et Didier Largemain. Certains dormiront sur les canapés du club de la rue des Rancy pour être les premiers à la Peep Show Factory du lendemain, dimanche, avec Luck en guest.

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