Rock Da House

Lundi en huit, Ludovic Navarre also know as Saint Germain se planque derrière ses pupitres au Transbordeur. J’ai longtemps traîné des pieds avant d’accepter d’aller voir ce que je pressentais comme un concert raplapla et maniéré, où l’acoustique d’un quatuor cuivre-piano-batterie-percussions authentifierait l’électronique (comme si l’on n’avait pas encore réalisé que les ordinateurs, boîtes à rythmes, platines et samplers étaient de vrais instruments tout autant « humanisables » »). Je me suis trompé.


Je me suis trompé sur une prestation imparfaite mais réussie. Passons la rythmique synthétique monotone, les entrées cuivrées jazzy parfois dignes d’un Joe Jackson indigeste et pompeux. Le tout se portait bien et s’accordait au mieux. Là où le regret reste entier, c’est sur ce nouveau système de tournées d’artistes électro envahissant salles de concerts et nightclubs qui décalquent platement le système pop-rock (une scène, de « vrais » instruments, un public les yeux rivés en un point fixe) sur un mouvement musical, à l’origine, explosif et explosé. La house nation (techno incluse) se source dans l’échange, la communion, le dimensionnel, la musique (dont le diffuseur se fait invisible) et non la linéarité d’une simple scène. Pourquoi Saint Germain et tant d’autres ne conçoivent-ils pas leurs prestations comme une fête, un bal ? Concept où la théâtralisation de l’événement s’investit dans le public et non sur la scène, où l’important réside dans les pieds agités du public et non la virtuosité « suréclairée » d’un saxophoniste ? Certains pleurent que les artistes de musiques électroniques vendent leur âme au diable en allant signer chez des Universal ou Sony Music. Si l’on peut craindre qu’il y ait « nivellement créatif par le bas » afin de vendre, d’être commercial (ce qui reste à prouver), le pire est ailleurs : ces artistes acceptent de promouvoir leur dernière pochette de disque telle la variété de Lara Fabian ou le rock de Miossec. Et là, on peut se dire que la house nation en a pris un coup dans l’aile ou se doit de se réinventer.

Mange disk. Violons, pianos, petites basses roulantes et hypnotiques, brins d’électricité sifflants et petits jeux jazzy remplissent ce Sakura de Susumu Yokota (Leaf-Skinton Rec.) d’un lent et doux courant psychédélique. Un album captivant et amplificateur de bien-être ou de spleen. À ne plus vous lâcher donc à posséder.

Dancefloors in the dark. Mercredi, les « artistes dans la nature » d’Arture se retrouveront dès 20h aux pieds humides du Pont Wilson. Au Fish, Groove de Là ! bouge de la tête avec Cutee B (Double H) et dj Kheops (IAM). Jeudi, l’electro-dub de Botom-Botom et dj Off s’installe au Bistroy. Le Box Office s’exerce aux latinos flavas avec une Noche Tropicaliente et dj Rucangola. Au Fish, Dan Ghenacia, Jérôme Pacman et Didier Limonet prendront le bateau en otage. Le plan Vital de la semaine parce que Dan Ghenacia est un as du lancer de disques qui fait sautiller. Vendredi, pendant que Trance Estate « tchik-boome » le Monde à L’Envers avec Virtuart, Naga, Tall Ced et Gill, La Marquise ondule sur la drum’n bass québécoise de dj Maüs et du Bordelais Hallex M. Au Titan, Luigi dirige le dancefloor d’un Bio Booster electro-tek et Rico mixe groovy-house à la Moody Night du Kamin’s Club (5, rue Royale, Terreaux). Samedi, Wake Up ! Angel Kiss arrache les ailes de beaux modèles pour sa gay-mensuelle au Fridge. Dimanche, pendant que La Cour (4, rue Mulet, Terreaux) ressuscite le Dollar One, L’Ambassade (4, rue Stella, République) invite les house-purists à W.A.S avec dj Manoo aux platines.

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