Effets somatiques

Semaine de crève à renifler et à fuir l’huissier. L’huissier, tout comme le banquier, possède, en commun avec le rhume automnal, cette vilaine manie de refuser de vous lâcher tant qu’il ne vous aura pas suffisamment infecté. Vermine, va !


Mardi 18, chez Christophe B. et Primabella, Claire me couvre de chocolats Richart et champagne pour en finir avec mes trente ans périmés. Clignez des paupières pour une glissade dans le surplace des mouchoirs au nez. Groggy, je laisse couler la semaine à regarder la ville se mouiller et m’essaie à sentir le souffle nouveau. Passé l’engouement estival des apéritifs plus ou moins en vogue sur musiques tranquilles voire insipides (palme d’or du « mieux-plus-bien » au Cap Opéra et à la buvette du pont Wilson), les clubs vont-ils nous passer la pommade du « loungy » tout l’hiver avec feux de bois et canapés en cuir au pied du dancefloor ? Je prie l’enfer chaque matin devant mon tube de crème Nickel (Lendemain de Fête) pour que ce malheur ne se produise pas. D’une part par respect pour les styles musicaux (principalement soul et deep-house) moulinés en un vulgaire fond sonore et ainsi dénoyautés de toutes leurs saveurs groovy et festives originelles. D’autre part, pour l’effet de mode « Lounge » plus que mité. Prenant son envol parisien au milieu des 90’s, le « la-haut-ange » ne se terre plus aujourd’hui que chez les branchés campagnards coincés de la fesse et ouverts de la carte Am-Ex. Alors sur quoi peut-on miser pour « no-futur » nuitées ? La nuit n’est probablement qu’un bâtard reflet de l’état de la société et un recyclage permanent d’époques révolues. La french touch débutait electro (Motorbass et Garnier) pour dégénérer en disco-house (Bob Sinclar) à faire ressortir les mythes du Palace, Studio 54 et look « boule-à-facettes » : l’argent facile et la flambe ou les Audi TT et les start-up. Aujourd’hui, la « masse » se soulève, grogne, revendique. Anti-mondialistes et ravers en free-parties, même combat : le refus du système. Musicalement, la new french touch vire electronica avec de méchants relents new-wave eighties, sonorités acid et rock psychédélique lorsque ce ne sont pas de mauvais revivals cogités par une world disc compagny (New-order, Depeche Mode) (et on ne parle même pas du néo-hard jungle noisy electro post-punk qui vire souvent deep house ex-metallica néo-trip hop futur jungle bass, NDC). Le look punky ressort des penderies avec les cheveux teints en vert, rouge ; les bottines à la limite du SM montent aux chevilles des jolies ; les clés de l’appartement montés sur chaîne déglinguée cliquent autour du cou Rien ne semble annoncer une rentrée nocturne douce et « raffinée ». Société, musique et mode se tournent vers un peu de violence et esprits dérangés. Je prends une cuillère de sirop pour m’adoucir la gorge et ferme les paupières, un sourire envieux de cette hypothétique tournure de la nuit.

Rentrée des clubs (3 et début). Mercredi, Le Monde à L’Envers laisse les platines à Nassaboy et Mc Shane pour une fête old-school, Ring The Alarm. L’Étoile Opéra (26, rue de l’Arbre-Sec, quartier Terreaux) se pose en mixer-bar quotidien avec, pour ce jeudi, un dj-set planant de Azura. Au First, Paco Rabanne sponsorisera une Nuit d’Excess pour faire sentir les cocottes. Vendredi, retour au Mushi-Mushi de Nassaboy avec un Reggae Delight qui sentira bon les orteils écartés couverts de sable. Au Melting Pop Café (1, rue Saint-Benoît, près du quai Saint-Vincent), Alex Da mixera drum’n’bass et big beat. Alors que dj Grégory exportera le son housy des soirées parisiennes de Sylvie Châtaignier à L’Ambassade, La Marquise boostera sur un ping-pong disco-house entre dj Touch, Teddy G et Lea Lisa lors d’une 3S Party (Sweet Seductive et Soulfull). Les lolitas, scotchés au bar de la péniche devant Julien (voir photo), devront rembarquer le lendemain, samedi, pour dire adieu au pretty man lors de sa dernière nuit de service. Au Tactika, D-troy et Will tenteront de faire Fashion avec tout plein de gens fashion et people. Beau concept, le « fashion ». La Cour ne se remettra encore pas de sa nuit Chippendales avec, là encore, de la belle chair et des corps transpirants. Dimanche, dans le genre « on-ne-fait-pas-mourir-un-bon-filon », David Vincent repartira avec une nouvelle série de Factory au Fridge. La soirée sera basée sur aucun thème particulier et se montrera en Version Originale tout simplement. Mercredi, Arture (les artistes bien dans la nature) se fera, comme chaque premier mercredi du mois, à la buvette du pont Wilson. Le principe : manger, discuter, picoler, bref, le bonheur.

0 comments on “Effets somatiquesAdd yours →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*