Traine-les-pieds

Charge éditoriale. La semaine dernière dans cette colonne, Le Guilloux NDC se payait ma plume (qualifiée de « on-n’y-comprend-rien-à-tes-papiers » ») en y glissant une extension de texte personnelle. Torpillage ? Pas vraiment. À plusieurs reprises, j’incitais le maître-correcteur des articles de Lyon capitale à jouer de l’arme des « Notes Du Claviste » (NDC) dans le journal et ici même volontiers : ces greffes de parenthèses sauvages et inattendues permettent de réveiller les éventuels articles bien convenus (« force est de constater » ; « le travail très intéressant de » ; « gageons que ») ou d’énerver certains égos surgonflés («  »Nous, journalistes, savons tout. Vous, lecteurs, nous vous apprenons tout » »). L’idée d’une insertion d’un auteur, présumé premier lecteur puisqu’il corrige, dans le texte d’un autre, me semble amusante, et une expérience à tenter. Ainsi, un petit goût de journalisme en version 70’s devrait de temps en temps souffler sur cette chronique. Bienvenue à NDC.


« Je ne sais pas trop ce que je fous là », réponds-je à Landry, vendredi, au Dark’s. La toux de plus en plus tenace et le coeur au ralenti, je n’arrive pas à me défaire de ce mauvais rhume et me trouve bousculé par un train de fashion victims dans un club gay surélevé d’un plancher de ballons blancs qui, touchés par le brasier des cigarettes, éclatent de toutes parts. Je me rends à l’évidence que sortir la nuit demande énergie et esprit de survie. Il faut lutter en permanence dans les lieux communs pour se frayer un chemin, commander un verre ou délimiter sa place sur un dancefloor. Intuitivement, je déroute vers L’Ambassade avec en tête le souvenir inoubliable de l’époque où le club de la rue Stella était mon deuxième toit, où l’esprit de famille et la bienveillance générale donnaient au lieu son cachet mythique. Si je me soigne sur un mix housy ciselé d’electro-beats de dj Grégory, l’engouement n’y est pas. Le son magique me traverse et un sourire d’émerveillement ouvre mon visage devant le dj parisien qui se tord de plaisir en calant ses disques avec subtilité. Mais un détail me rend absent : des mégots sur le dancefloor. Les mégots, il y a en a partout dans une boîte. À L’Ambassade, il y a quelques années, le raffinement était tel que chacun cherchait un cendrier afin de respecter le lieu tout en respectant les autres fêtards. Le club mettait en place une sorte de méthode Disney qui consiste, pour le géant du rêve, à rendre ses parcs de loisirs toujours propres, ultra-nickel, afin que ses visiteurs culpabilisent dans l’hypothèse où il leur viendrait l’idée de jeter un papier gras au sol. Pour L’Ambassade d’aujourd’hui, tout comme les autres discos, cette hyper-attention aux services offerts n’existe plus et, comme par logique, le non-respect de leur propre lieu et des personnes accueillies (circa l’attitude « bétallière » de certains portiers) tend à rendre les clubbers agressifs entre eux ou impolis envers le personnel. Peu importe, puisque c’est ça, une fois rétabli, j’écraserai tout le monde. Clignez des paupières. Samedi, Julien fait ses adieux au bar de La Marquise et reçoit des saluts à grands cris sur les marches de l’entrée. Peggy, Ange et Jèrôme survitaminés dansent autour du beau gosse tandis que Laconque se fait shooter par la DV de Bernard qui, plus tôt, lui lance « Tu as les seins en pointe. Tu es naturellement belle ». Je m’éclipse et ferme les paupières sur This is not a love song de PIL, impatient de retrouver de bonnes formes.

Relief the fire. Mercredi, Sergent Garcia s’offrira un mini-live à La Marquise dès 19h, alors qu’à la Buvette du Pont Wilson, les associés d’Arture picoleront autour du peintre Philippe Moncorgé. Jeudi, dans le cadre des journées Tapis Rouge de la rue Auguste Comte, Fred de B. vernira sa nouvelle exposition « En voie de disparition » à la Galerie Archaïa (au numéro 10 de la rue). Plus tard, K’reem, Cyb, Nyto, Stux et DDD secoueront le Bistroy de drum’n bass. Vendredi, le Fish accouplera Charles Schillings aux platines et Clémentine Célarié sur le dancefloor. Au Woodland’s (32, quai Arloing – Quartier Pont Mouton), Zoom, la soirée hebdomadaire de Plein Gaz Production, gravitera autour de Philgood et Spider. La soirée Homemade donnera dans l’electronica des Yage Orchestronika, Blue, Cookie B et Yorgl au Melting Pop Café. Le plan Vital de la semaine se déroulera à La Marquise avec un live du très en vogue Isolée. Samedi, Le Medley (19, rue Childebert – Quartier Cordeliers) fêtera son anniversaire avec Miss Medley en tête des amuseuses. Au Rail Théatre, Delco Motion rassemblera les ravers intra-muros autour de Bobby, Agoria, Max Le Sale Gosse et plus au 06 76 85 21 20. Enfin, Spider et Rucangola rouleront les mécaniques latinos à La Marquise et sa Pepe Salsation.

0 comments on “Traine-les-piedsAdd yours →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*