Star Rings zee Bell (chapitre deux)

Suite du Spécial Rétro Nuit 2001. Après les meilleurs clubs de l’année (Dark’s, Medley, Marquise), les personnalités (Reine Claude, Carla, Gaelle Communal et Jérôme d’Art Canut) et les bars (Vertubleu, Modern Bar et Buvette du Pont Wilson), voici, en toute partialité, les fêtes, les disques, les médias et les truands qui ont marqué l’année.

Zee Festen

2001 aura été une année de farniente « à la lyonnaise ». À contre-courant du revival punky et rude exploré dans les grandes métropoles européennes, la ville s’est rétamée dans un Lounge vieillot et pantouflard. Si Lyon a gagné de très beaux lieux (àKGB, First, Mushi-Mushi, Seventh’s, Millénium, Modern Art Café, Type 34) qui ouvrent des perspectives de sorties autres que la disco avec son miroir à chorégraphie ou le resto à quenelles sur nappe vichy, il s’est en même temps empatté dans une musique soft pour petite bourgeoisie poseuse et peu festive. Difficile ainsi de trouver une grande fête marquante. Restera gravé pour l’année, le mix néo-eighties parfait de Miss Kittin à la soirée Archi 2001 (en mai). La fête de la musique avec le duo 3 mai sera dansée avec l’enthousiasme de funky people et se posera comme un petit classique de bonheur et de délices du 21 juin. Enfin, la Soirée des K de Lyon à feu Cabaret Baroque rafle la mise de la nuit mondaine la plus déjantée (en mars). Sans oublier la soirée inaugurale du Festival de Pérouges à la Centrale du Bugey, verrouillée par la gendarmerie (en mai), et le premier festival électro lyonnais, Aéronite (en octobre), les deux fêtes hors sujet mais les plus mémorables se trouvent loin des clubs locaux : Herbert fera plier le Sonar Festival de Barcelone aux dernières heures de l’édition (en juin) et le week-end organisé par Fred et Pierre-Le-Magnifique dans leur ferme iséroise (en août) exaltera nos tréfonds campagnards. Clignez des paupières.

Da music

Pour ouvrir grand les yeux sur ce qui tourna dans la tête en 2001 (et pour encore plus loin), les boîtiers CD s’ouvrent sur les incompris Daft Punk («  »Discovery » ») et Basement Jaxx («  »Rooty » »). Suivent Felix Da Housecat («  »Kittenz And Thee Glitz » »), les grenoblois Miss Kittin & The Hacker («  »The First Album » ») et l’intégral remastéré des Pet Shop Boys (petit faible pour « please » »).

Médiamants

Heureuse surprise que ce Belles et Bien, sur TLM. Ronny et toute son équipe vous accueillent dans un univers féminin surfait et pimenté de non-reportages. Le nec plus ultra du Blédina télévisuel comatique à rediffuser d’urgence tous les soirs en fermeture des programmes. Tapiole.com continue son bénévolat internet avec toujours autant d’humour et de lite & sexy style. Enfin, pour tous ceux qui se sentent à la traîne des modes, Sleazenation demeure le mensuel le plus prétentieux et adorable de la presse.

Zee Bells

Les prétendants au titre de « grosse cloche 2001 » se bousculent et je ne sais par où commencer. Prenons l’inauguration des Subsistances (en janvier) : dîner où les colliers des bourgeoises tanguent sous les coups d’assiettes au centre de la verrière suite à un service débordé par le nombre des convives ; égos explosant des cultureux en tous genres (surtout le mauvais) ou dancefloor vidé prématurément. Autre moment, l’élection historique de Gérard Collomb à la mairie centrale (en mars) m’aura mouillé jusqu’ici dans un appel à voter pour le candidat socialiste. Au final, je ne regrette rien de mon engagement mais me pose la question : « Il est où le changement ? ». Plus fort, la Biennale d’Art Contemporain se disperse sur trois lieux pour un ensemble linéairement minable. Les organisateurs sauvent la face et croisent très fort les doigts (bientôt l’amputation ?) pour ne pas se faire piquer l’événement par Paris. Vient la grosse cloche 2001 qui sonne des étrennes toujours creuses pour Lyonpoupoules. com (mèrages), site Internet politiquement partial et « people » auto proclamé. « Souris à l’objectif et je ferais de toi une star-pouffiasse ou un homme politique branchouille », le tout griffonné au Tipex par quelques bimbos et commerciaux entre deux contrats à deux zéros derrière l’euro. Ma première rencontre avec Marco du sus-dit site résume à elle seule le web-bug. Le « farmer » s’étonne en me croisant : « je t’imaginais plus parisien ». De loin la phrase la plus stupide de l’année si l’on se pose la question : « Parisien fréquentant Oberkampf ? Le Marais ? Bastille ? Pigalle ? Les Champs ? Saint Germain-des-prés ? ». Depuis, le courrier des lecteurs du site (tenu par des « correspondants maison » ») se déchaîne sur Nuits Mobiles dans un style proche de celui de vieux réacs, lecteurs paumés du Figaro. Presque flatteur au regard de ce que mon maître-nightclubber (Alain Pacadis) se prit dans la gueule jadis (« ses papiers sont écrits par son amant », etc…) Fermez les paupières sur une nouvelle année, un nouveau chemin pour chacun.

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