Tu la fermes ou je t’empaille

L’atrium de l’Hôtel de Ville s’ouvre sur une file d’attente qui s’allonge jusqu’à la fontaine dans laquelle je pris jadis un bain clandestin matinal avec Jean-Yves Augagneur, bourré comme un coin et qui criait « Mais regarde enfin ! Regarde le portrait de mon grand-père. Là, en haut, à droite ».

Les voeux de Gérard Collomb, mercredi, rassemble le Tout Lyon institutionnel dynamité par une foule de jeunes créateurs. Il y a peu, les grappes de cristal scintillantes du Grand Salon éclairaient invariablement des 60 ans et plus. Pour ce nouvel an, cette réception se la joue « cigarettes, champagne, un peu de marijuana et electronica » pour pré-quadra. Nous croisons dans le désordre et dérangés par des défilés de modes inopportuns qui se rythment sur une musique euro-dance malvenue : Helena et Gregoire Roche, Michel Essertier de Rue Royale Architectes, Mon Épouse, Christophe Montfort, Françoise Rey (qui me fait toujours la gueule), Tornon (le regard bienveillant), Guillaume et son amour protégé, ou Philippe Faure que je refélicite pour son « Moi Tout Seul ». « C’était bien d’entendre Mirwais en fond sonore ? » se félicite Jean-Pierre Bouchard. « Et puis, la petite odeur de shit dans un salon à côté » surenchérit Hubert Lafférière. Alors que Dj Fraggle s’apprête à mixer et que le champagne s’est évaporé depuis 22h, je félicite Paul Satis (TLM) pour ses prestations télévisuelles de qualité et en rajoute sur Ronny et son merveilleux Belles Et Bien. « Vous me dites ça au second degré » avance le journaliste, persuadé que tout compliment en direction de son antenne est une moquerie. Non, Belles et Bien se pose comme la meilleure émission de la chaîne locale (on se taira sur l' » humour » de Pascal Coulan ou le Lyon-clubimbos nocturne). Nous clignons des paupières sur cette soirée rafraîchissante en offrant à Kamel au Mushi-Mushi une rose blanche chapardée à la maison-mère. Jeudi, au Modern Bar, Christophe B. devient jaune moutarde : « Hier, je suis allé prendre un verre au Rouge-Gorge, rue de la Bourse. Ce soir, la proprio me voit avec mon jeans de plâtrier et me vire d’un « ici, on ne prend pas les ouvriers ». T’y crois ? ». Hélas oui et souhaitons à ce bar une courte vie. Vendredi, je me trempe la queue au Double Side et enchaîne, sans y croire, trois mecs sur le skaï d’un cabine. Clignez des paupières. À l’invitation de Dj Arnie et Didier Lestrade, samedi, nous flashgordons un TGV en direction de Paris pour courir un apéro à La Fabrique enchaîné au vernissage du canapé design « Diamond Sofa » de Edra au Le Bihan Show Room (rue Faubourg Saint Antoine, quartier Bastille). Simple occasion pour un siège tubé en plastique rose de se bourrer la gueule entre arty people et fashion victims. Avant un souper au Café De L’industrie, Le Bimb déclare forfait pour nous rejoindre à la K.A.P.B de Lestrade : « Je suis avec des amis et ils sont plutôt branchés pour L’Élysée Montmartre : hétéros, gens de pub et cocaïne ». À la Boule Noire, dès 0h30, la disco est à la limite du blindage. K.A.B.P, c’est ça : une communication pointue et ciblée, des djs intransigeants, un dancefloor paraffiné et un public majoritairement gay mais près à danser sur tout ce que Patrick Vidal malaxe. Peu après son mix « warm-up », Roussia nous salue et part au bras de Romain. Dans un backstage transformé en salon VIP pour journalistes et petites frappes R’N’B, Patrick Thévenin (Nova, Têtu) me balance : « Je ne comprends pas pourquoi tu me vouvoies. Pour le papier un peu méchant écrit dans Têtu sur Kylie Minogue, j’ai reçu des appels de mecs qui voulaient m’enculer (c’est plutôt bien) puis me casser la gueule. T’imagines si je touche à Madonna ? ». Plus loin, le journaliste amusant se gaufre : « Mon truc, c’est de faire en sorte que chaque fois que je baise avec un mec, il ai envie de me rappeler et qu’il le fasse. » Nous clignons des paupières sur une nuit dépaysante et débarquons à 10h sur Lyon endormi. En soirée, Mademoiselle B, pute dans tous ses états et couvant son caniche dans ses bras, m’agrippe au Modern Bar. À chaque aboiement de sa peluche vivante, la dame s’énerve et frappe : « Tu la fermes ou je t’empaille. Les chiens, ça doit se taire et juste remuer la queue quand ils sont contents ». Fermez les paupières.

Club operator. Mercredi, Attila Sound System et Ghost Note lutteront féroce à Dub Organic au Monde à L’Envers. Jeudi, Just A Taste Of mélangera la deep house insipide de Lea Lisa et le beaucoup plus inspiré Dj Touch à L’Ambassade. Vendredi, la techno « shpong-shpong » de Jeff Mills accouplée à l’électro plus raffinée de Kiko au Fish rivalisera avec la bande latino des Favela Chic, Spider et Rucangola au Transbordeur sous chapotage de La Marquise. Samedi, Beauty invitera les soul-purists à danser avec Allen et Manoo à L’Ambassade. L’américain dj Spen sera la vedette et le Plan Vital de la Semaine du week-end à la soirée Pure du Fish.

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