En mimant Dean Martin

Mardi, Gaelle Communal en bob ciré rouge et Jérôme d’Art Canut, qui étrenne sa nouvelle chemise trempée dans un velouté de groseille, m’accompagnent à la petite fête organisée par Cricri, ami rare, pour le 200e numéro de son Petit Bulletin. Mon Épouse attaque direct sur une nouvelle « embrouille » suite à un name-dropping dans Nuits Mobiles.


Super Pénélope et Julien Micro-P. m’achèvent après seulement deux cuillerées de paella : « Jamais tu nous appelles ? Puisque c’est ça, je te fais la gueule » feint Super Pénélope avant de rire : « J’ai surpris Julien en train de regarder Belles et Bien ». Pulsé par des bleeps eighties, je m’évade quelques minutes avec Françoise Rey pour parler d’amour, d’amitiés, d’un coeur qui vibre fort, ou souhaiterait vibrer plus fort. Je baise et rebaise à compter mes coups comme un couple amoureux compte les jours, puis les semaines, voire les mois, de bonheur partagé. Peu importe, ma vie n’est ni déprimante, ni navrante. Juste trempée d’un joyeux cynisme, d’un façading incassable. Après l’invitation faite par Carla pour Je Crois au Théâtre des Ateliers, Super-Pénélope se déchaîne en petite peste jalouse : « Oui, et à La Croix-Rousse, tu ne viens jamais ! ». Philippe Chareyron, comédien et « père de famille » ébouriffé, se place dans la provoc sexuelle («  »Viens aux Subsistances à partir du 11 février. Je serai nu pour Rire de Gorges Deployées » ») sous le regard effilé par un sourire de Jean-Paul Brunet. Cricri rase les murs, muet, et après salutations de Petit Poucet, je cligne les paupières sous perfusion du « Is that your boyfriend ? Is that your boyfriend ? Is that your boyfriend, it was last night ? » de Me Shell N’degéocello. Dissertation autour du mot « projet commun », mercredi, sur un dîner au Café de la Mairie (quai Pierre Scize) en compagnie de Tornon, homme d’une douce amourette, toujours aussi affectueux et attentionné. C’est quoi un projet commun dans un couple ? La maison ? La voiture pour les vacances ? Mon projet, c’est le présent. Ma mère passa ses dix dernières années à retaper une grande ferme pour finir coffrée « Six Feet Under », quelques mois après l’occupation présumée définitive et paisible de son « projet ». Une nuit, il y a quinze jours, Albert, beau gaillard, glisse sous une barrière de sécurité en moto et sa vie bascule. (Babby du Modern Bar, Christophe B. et Primabella, tous, nous pensons à toi, Albert, et te souhaitons une nouvelle vie, forcément un peu pas pareil, forcément tout aussi enjouée). Cligner des paupières. Vendredi, l’adaptation du Je Crois d’Emmanuel Bourdieu par Denis Podalydès au Théâtre des Ateliers dérange d’intelligence. Le mot « projet » revient au galop dans la folie jusqu’au-boutiste partagée par un frère et sa sur à travers leur jeu du « je » deviens « tu » et inversement. Cette petite « projection » du Soi sur l’Autre déteint sur le spectateur, à sortir de la représentation un peu changé, beaucoup troublé. Tout s’accélère au Mi Mots Arts où Carla et Z2 écrasent trois mégots avant de courir plus loin. Laconque surveille l’arrivée de Géant Benjamin lorsque Mon Épouse et Marie-Eve s’installent : « Nous sortons des Ateliers. N’allez pas voir La Cheminée. Le genre de pièce où tu regardes ta montre ou pique du nez. » En cuisine, Jean-Marc manie les poêles en chantant. Tartine nous frappe d’une « châtaigne » à haut degré de chauffage dans de trop grands verres pour finir sobres. Après courtage du bouquet de lavande de Jean-Marc à Wonderful Kamel au Mushi-Mushi, Laconque freine l’entrain dans un United Café qui soupire de jeunes minets de Bourg-En-Bresse, gays post-pubères en crise « Madonna-Mylène-L5 » identitaire. Clignez des paupières. Acoudé au bassin, sur le ventre, le corps laisse pousser sa jambe jusqu’à ma cuisse et, de frôlements tests subaquatiques en frottements sûrs, nous déplongeons du bain à remous pour verrouiller une douche à clé. Samedi, au Double Side, je bouffe du sexe faible et joue au jeu aisé de mes partenaires : branle, suce, sodomie et au suivant. Fascinant. À 4h, le Medley danse dans tous les recoins. Fabrice s’accroche à mon cou et me vole un french kiss défensif. Line me tanne («  »Chéri, il faut que tu écrives quelque chose sur moi » ») lorsque je m’aimante à un Mathieu étrange. L’homme recadre : « Tu m’as déjà abordé, il y a peu et tu as été assez désagréable. Tu voulais m’apprendre à ne pas danser « comme un nigaud » sur la techno. Danser sur du huit temps ». Nous prenons en témoin une jeune comédienne et Mathieu se lance dans la romance de La Belle du Seigneur («  »Solal a trois heures pour conquérir Ariane avec « il de merlan puis saut de carpe » »). Tandis qu’il perd le fil de son jeune convoité plaqué contre un grand rustre, que notre drunky comparse continue dans le littéraire («  »Je vais jouer une adaptation de Risibles Amours de Kundera » »), je pose les yeux au bout du comptoir où deux travelottes (lookées Demis Roussos) ferment les paupières.

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