Force est l’obscurité

A quatre pattes dans un cube en verre, nous narguant derrière une vitre sans teint, projetant leurs corps au sol, se tabassant la tête contre la vitre… les acteurs de Gorges Déployées balancent entre le narratif et le sensitif dans un juvénile bordel. Aux Subsistances, mardi, la Compagnie Haut et Court tente de nous faire « rire » et de jouer avec « l’obscénité ». Mal tombée.

L’ensemble tourne dans le gentillet godiche sans poser question, pire, imprime aucune émotion sur le spectateur. Mathieu se tait sur le chemin du retour : « Je n’ai rien à dire pour l’instant au sujet de cette représentation. Je devrais ? ». Nous nous attelons au trio féminin Mon Épouse, Marie-Êve et Karine autour d’une table à La Gousse d’ail (place Sathonay, quartier Terreaux), dressée pour les thèmes « le secret que tu sais mais ne dois pas dire » ou « Pour qui voter au premier tour de la Présidentielle ? ». Les petits yeux curieux et en perles, Mathieu suit nos échanges agrémentés d’un service en salle glacial. « Nous vous avions prévenu que c’était un mauvais plan que de venir dîner ici » confirment Mon Épouse et Fred C. Clignez des paupières. Dans la série « sortie culturelle nocturne décevante », nous persistons au Modern Art Café, jeudi, au vernissage de l’expo d’Olivier Auguste. Voilées de tissus blancs perforés pour laisser apparaître quelques morceaux de chair, les oeuvres se découvrent en une double pénétration et un clitoris béant sans véritable surprise ou malaise. « C’était mieux avec le voile » rit un beaux-ardeux affairé à buter les préservatifs en bodruche qui se retirent du plafond. La notion de « transparence » agite mon cerveau : Pourquoi demandons-nous à Tout voir, Tout comprendre ? Les médias nous décortiquent leurs travaux internes et le fonctionnement des sociétés. Les habitants de grandes cités demandent à être surveillés, prêts qu’ils sont à se faire scanner par de sales caméras. On dépouille du regard son environnement, tout en se laissant dépouiller. Que faisons-nous de l’obscur ? des ombres ? du pudique ? Pas trop pudique devant Mathieu que je harcèle (« le romantisme, ça va une semaine. Mais si nous ne couchons pas ensemble d’ici dimanche, ciao ») sous les rires de Super Pénélope et Julien Micro P. Au comptoir, les verres s’accumulent. Jean-Pierre Bouchard et Patrice Béghain y vont de concert sur « C’est vous qui avez laissé entendre dans vos colonnes que j’étais un grand nightclubber ? » trinque l’adjoint à la Culture. « Hubert Lafférière l’a mauvaise : Il s’afficherait partout où il ne faudrait pas ? » complète Monsieur Nouvelles Musiques. Non, disons que Hubert Lafférière se charge de la besogne nécessaire des Lyon Clubbimbos (sur TLM) et Lyonpoupoules (sur le net) pendant que la paire fréquente les milieux un peu plus undergrounds et branchouilles. Le trio municipal couvre ainsi toute la nuit locale (j’oublie volontiers Thierry Braillard car son pôle d’action semble trop complexe à définir). « Tu fais trop de lèche aux politiques » me pique Marie-Êve. Non, j’ai juste une réelle sympathie pour l’adjoint à la culture. Z2 hurle en levant un verre, coiffé d’un slip logoté « No Sex Is Sex ? » devant Carla en échange théâtral avec Tornon. Un sourire à Helena et Gregoire Roche pour courir se faire refouler Des Demoiselles de Rochefort malgré une confirmation de Super-Pénélope (« C’est bon. Il y a de la place. Venez » au portable. « J’ai honte : ils ne servent plus » in situ). A La Luz (rue des Feuillants, quartier Terreaux), nous savourons assiettes de jambon et rillettes. Tornon boit le verbe malin et alerte de Mon Épouse. Mathieu joue au pingre provocateur (« Des trois vins que nous avons goûté, lequel est le moins cher ? ») sous une musique loungy indigne du restaurant basque. Clignez des paupières. vendredi, en compagnie de Christophe B., Laconque roule des hanches au Mushi-Mushi dès l’intro du générique de Dallas masterisé par Nassaboy. « Ce sont ses disques d’enfance ou il les a acheté exprès » s’exalte Christophe. « Je l’ai mais pas ici » fièrace Nasser lorsque je demande à Junior s’il possède « Fantasy » de Mariah Carey, l’un des morceaux les plus putassiers jamais enregistrés en R’n’B. Tendre Shéra de Koutoubia nous rejoint pour un Medley obligé. Michel Essertier y cligne des paupières le torse cabré sur le dancefloor. La nuit a depuis longtemps ôter son voile obscur lorsque je ferme les paupières enfin mis en sommeil par un long album de Fréhel, cru et réel, au son crépiteux et musique désuète.

Facile à danser. Jeudi, Get Alive réunira les djs John Thomas, Agoria et Oxia au Fish. Vendredi, les marteau-pick-uppers de Manu Le Malin, Torgull et Gaston bastonneront au Monde à L’Envers. Pour L’Ambassade, ce sera un combat house versus R’n’B soit Thomas Villard en ping-pong avec Samir. Samedi, Lyon New wave donnera dans la musique des années 80s (version pop) au Woodlands. Au même moment, Enjoy People avec Lynn Jordan, D-Troy, Chup’s et Mc Dave amusera le Transbordeur. Le disc-shop Eardrum fêtera son anniversaire avec Luigi, Olive (et invités) au Ninkasi-Kafé.

0 comments on “Force est l’obscuritéAdd yours →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*