Tout commence par un E

Emmerdes, ce mercredi avec une nouvelle rechute dans le rhume qui fait mal. À Lax bar, Sébastien C. s’exerce au chattin gay avant de faire défiler les petites annonces et finir par poster en ligne une demande en mariage gentille et loin de sa réalité de serial fucker. Clignez des paupières.


Embrasser Claire, jeudi, au Comptoir de La Bourse (angle rue Gentil et rue de la Bourse), nouveau repère savamment tenu par un Fabien volontaire et aux petits soins pour une clientèle jeune et jolie. « Je ne suis pas faite pour souffrir. C’est la raison pour laquelle je ne suis pas amoureuse de Mezzont malgré la longévité de notre relation. Vous savez, être amoureux, je pense que ça se décide. À un moment, dans une histoire, le choix se présente. Il n’y a pas d’amour surprise. » avance Claire après ma détermination de « juste tomber amoureux pour les sensations. Après la longévité et le devenir du couple, je m’en fous. Je ne pense ni vouloir vivre avec quelqu’un, ni en être capable ». Nous rejoignons Elodie Bouesnard au vernissage de la galerie Néon (41, rue Burdeau, quartier Pentes). Jérôme Loisy expose de grandes toiles virginales piquées de stries en relief qui nous plongent dans un univers sableux et pur. Un « J’aime le désert parce que c’est propre » de Peter O’Toole dans Laurence d’Arabie me souffle aux oreilles. « Je pars, il y a trop de beaux hardeux et d’intermittents du spectacle » cligne des paupières ma princesse. Enivré par un dîner dansant chez Christophe B. et Primabella, samedi. Laconque se lâche dans des chorégraphies SM. La ravissable joue de sa ceinture militaire sur le visage de Christophe et ondule sur l’éternel « Touch Me In The Morning » de Diana Ross. Stéphane B., hilare, nous entraîne au Medley. Ennui d’Envie en pleine nuit du jeune homme : « Je ne peux pas vivre seul. Je sais que, pour mon équilibre, il me faut quelqu’un » pendant que j’exécute un croche-corps sur Julien, vif et « hétéro mais ça ne me dérange pas que tu me touches le cul ». Les poings de Christophe B. tente de se protéger sur deux proies inoffensives et nous tirons le colosse hors du club pour fermer les paupières.

6 millions de pintades… Où presque. Jeudi, dès 20h, à l’AX bar (angle rue Coysevox et René-Leynaud, quartier Pentes), tapiole.com fêtera ses 20 000 coups torrides… pardon, connections. Pour information, chers Ab et Fab (les deux dépositaires de ce site de folles en tutu fushia, ndrl), sachez que, pour bien la moitié de ces clics énergiques, c’est Christophe B. et quelques amis co actifs de Nuits Mobiles qui ont fait exploser le compteur. Alors, messieurs, il faudra bien nous arroser au bar et promis, nous danserons sur les tables aux rythmes des Frankie Goes To Hollywood et tous les tubes eighties prévus pour cette soirée. Plan « chéri, j’ai oublié mon stérilet » de la semaine.

Last nite a dj died on my knife. Beaucoup imaginent la nuit comme une bulle superficielle et éloignée des réalités diurnes. Pourtant, l’économie la pénètre lorsque, par temps de crise, l’ostentatoire des magnums de champagne s’enveloppe dans une serviette presque honteuse où, pendant les périodes fastes, les cartes AmEx se dégainent plus vite que la fonte d’un glaçon. Simple phénomène cyclique. De façon plus complexe, s’y imbriquent les cultures et modes de vie. Ces quinze dernières années, deux événements se sont ainsi invités simultanément dans les fêtes nocturnes : le sida et la house-music (ou techno pour les impures). L’histoire ne dit pas si la vermine a engendré la révolution musicale. Elle a sûrement remanié les dancefloors jusqu’alors au service de la drague pure et du sexe plus ou moins facile. La club-culture s’est fait rogner par la dj-culture, le sexe bouffé par la défonce musicale. Aujourd’hui, le balancier repart dans l’autre sens : à force de se la jouer « artiste-star », élitiste, musical frimeur, alors que la vulgarisation du « job » invite les MK2 à tourner sur les plateaux télés et dans les pubs, le dj redescend de son piédestal. Le désir de fêtes, de déconnades et de variétés renvoie le dj servir les plats dans les bars et restos loungy pour Riris (aka les Ringards Riches) ou dans la dégénérescence consanguine de blancs-becs en free-parties. Un comble pour une House Nation à l’origine subversive et festive qui a appris aux clubbers l’exigence du bon son et d’une musique de qualité mais en a oublié sa légèreté et son non-sérieux en se supermarketant. Restent et resteront les djs les plus tarés, psychédéliques, étrangers au formatage rock et défenseurs de l’originel désordre propre au mouvement : mélanger et faire danser avec le sourire (avec ou sans extas). Dans cette catégorie, Laurent Garnier, ce vendredi au Fish, assume sans faille le poste de Godfather de la house française. Ceux qui associent Garnier à « techno » tendront l’oreille : beats techno certes, mais esprit typiquement housy. Spirit still alive. Plan Vital de la semaine.

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