In Sun City (Part II)

Après une sélection partiale des apéritifs en terrasse (lire précédente édition de Lyon Capitale), une projection sur les dancefloors de la ville pour une saison estivale excessive. Les discos qui assurent, se démarquent et déçoivent.


Les valeurs sûres : si la police trouve le Funambule quelque peu bruyant et cherche des pousses de décibels dans les cheveux de son souriant patron (sic !), le disco-bar de la rue de l’Arbre-sec regroupe des deejays plus que sympathiques et une clientèle ouverte et groovy. Le plan Vital du vendredi avec Rico « in da mix ». À L’Ambassade (rue Stella, quartier République), outre le brillant Dj Manoo, le petit tunnel s’agite régulièrement de soirées jazzy et high quality house. Deux bémols : il arrive de ne pas trop comprendre le mode de sélection à l’entrée et les verres ne sont pas donnés. Si la musique très « follivore » de Richelieu fait hurler certains clients («  »Plus il passe des trucs cons, plus il se croit branché » titubent, chaque semaine, la paire Pascal et Laurent), les mains au panier de Line et le flux continu de borderliners qui s’atomisent crochus près des chiottes ou dans l’arrière salle donnent au Medley (rue Childebert, quartier République) ses galons de « méga-disco-du-n’importe-quoi-et-surtout-du-tout ». Après un passage au vestiaire de Madame Colette, le sous-sol du bar-PMU n’attire pas par la recherche d’une finesse musicale mais par cette convivialité illimitée d’un autre clubbing, d’un autre temps. Proche du mythique malgré ce petit goût de naphtaline. Les Conquérants : ils ont déjà leurs fidèles. Ils bichonnent accueil et programmation afin de rallonger et régénérer le circuit des nuitards : Melting Pop Café (1, rue Saint- Benoît), Le Zèbre (36, quai Pierre-Scize) et La Belle Équipe (32, rue des Tables-Claudiennes) s’installent, à petits pas bien dansés, comme les nouveaux phares nocturnes. Dans les établissements gays, le DV1 (ancien Village-Club) peine à retrouver le succès de son prédécesseur. Les soirées Keum & Queer (en grossier « Mec viril et Tapette » ») pourraient redonner panache à cette disco bien roulée. Les Indécis : comment, un an après son ouverture, un lieu passe-t-il du statut « top-branché » et amusant à une disco obligée de ramer pour retrouver sa clientèle suite à une fermeture administrative de trois mois ? Le Dark’s Klub a profité de son inactivité hivernale pour se métamorphoser en lieu toujours plus chic et joli avec, lors de la réouverture, une entrée payante et un positionnement « super-hyper-hype ». Seulement, les gays lyonnais n’ont pas l’habitude de payer pour mater (et le Queen-Paris ne s’est pas fait en 9 mois). Ce cafouillage de communication n’a pas plu et la disco s’est vidée. Le retour à la gratuité et de nouveaux rendez-vous relèveront-ils le Dark’s ? Autre trouble, sur les flots du Rhône, à La Marquise. La péniche a vu, ces dernières semaines, le départ de son directeur artistique, Nicolas Stifter, et de Kanardo Prod, chargée de la communication visuelle et media. Le binôme prenait la succession de Dj Spider et propulsait l’embarcation vers les sommets du clubbing national (rejoignant ainsi le carré select des clubs prestigieux formé par le Rex Club-Paris, L’Anfer-Dijon ou L’Aéronef-Lille). Aujourd’hui, programmation et identité flottent dans le vague d’une nouvelle équipe. Simple mise en place des arrivants ou politique de repli à prévoir ? L’attendu : le buzz court, peut-être plus vite que la réalité, sur l’ouverture prochaine de « zee fabulous disco of » Jacques Haffner. L’ex-fleuriste aurait trouvé son copilote financier, materait un lieu bien précis (tenu encore secret) et cible une clientèle gay et chic. La première nuit, annoncée comme « mémorable » par l’adorable, serait calée entre fin août et fin septembre. Bref, beaucoup de conditionnel et de bruits de couloir pour ce qui sera, peut-être, le Palace lyonnais des années 00. Fermez les paupières.

Nu.Mo. (Courts-lettrages). Petit tour de manivelle sur ce qui arrive ici, partout et ailleurs. Chantal Moulin et « La Mémoire du travail » est installée au Modern Art Café. Clap. La Compagnie Noir Clair « performera » l’Imag In (2) à L’Espace 44 (rue Burdeau, quartier Pentes) du 5 au 9 juin. Ré-actline : 04 78 39 79 71. Clap. Dans le cadre du Printemps de Pérouges, la compagnie Retouramont s’adonnera, le 7 juin, à la danse architecturale dans le hall de la gare TGV Lyon-Saint-Exupéry. Ré-actline : 04 74 34 74 35. Clap. Pendant la Gay-Pride lyonnaise du samedi 15 juin, Sonar 2002 retournera la tête des clubbers dans un déluge de djs du 13 au 15 juin à Barcelone. Net : www.sonar.es. Clap. Du 21 au 23 juin, Les Invites de Villeurbanne seront la sensation forte du début de l’été avec musiques, animations arty de rues et tutti quanti. Clap de faim.

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