La tyrannie de l’esprit

Mon Épouse, Géraldine, Duchesse, Marie-Êve, Dj Arnie et Kévin dégoulinent coupes de champagne sur verres de rosé dans le salon de Sandrine, mercredi. Après un « jeu de la raie » qui décide Marie-Êve à exiger un pseudo dans Nuits Mobiles («  »Je n’ai jamais mis de stylo entre mes seins ! Enfin, cela suffit. Rends-moi anonyme : mon prénom est trop identifiable » »), Duchesse commet le glaçon fondant de la soirée dans un nouveau jeu non avouable dans ces colonnes. Clignez des paupières.


«  »Tu as vu comment tu parles ? Tu dis C’est quoi ça ? en regardant passer un mec » me corrige Christophe B., jeudi, les jambes en ciseaux sur la plage de Miribel pour un pique-nique au soleil tombant. Laconque slalome entre les fourmis rouges et joue la petite fille riche, netteté de sa nouvelle monture de lunettes typicaly « secrétaire vicieuse » : « À 10 de moyenne, mes parents me filent 1.500 euros. À 12, j’ai la Punto de ma mère ». Clignez des paupières sur un verre rose sur les marches du Cap Opéra. vendredi, l’agence Principes Actifs (angle rue Royale) rebranche les ordis pour une fête de la musique où Jean-Louis découvre les liens arty de sleazenation.com et Anne-Lise (On Stage Production) ventile nos têtes de son humour à quadruple sens. Nous clignons des paupières en descendant en fond d’écran pour Marion la « pic » d’un black, la queue raidie par frottis sur un pilier en bois. Des pichets de bières se moussent sur le chrome du comptoir de la Buvette du Pont WilsonJacques Perrichon et Philippe Neumager des 3 mai massent d’un groove soulful des festivaliers loungy. Olivier baise, puis flaire, tel un vampire frustré, ma nuque échaudée. Le quai ne se réveille que tardivement. Lorsque nous secouons nos intestins sur un camion en stationnement sur le quai, Laurent doigte l’entrejambe d’un John post-pubère : « Il est chaud l’Anglais Il a une queue énorme ». Mathieu secoue le dancefloor sur roues tel le gamin à la découverte des suspensions d’une 2CV. Sophie et Jean-Marie envoient des sourires au char tangueur lorsque Françoise Rey et Olivier Angel clignent des paupières. Au Medley, ma langue longe le cou en sueur d’une courtisane de Amyl Moguyl (Lyon Capitale). Nous détournons ce délice en trois langues tendues qui se rappent dans un élan amnésique de nos identifications sexuelles. À deux verres de notre jeu, Laconque gonfle le membre de Mathieu, surveiné par le remue-charnu de la belle. « Je ne peux pas finir » urine Rachid devant la cuvette des chiottes du club lorsque je me plaque contre son dos. Le jeune homme timide lève le soleil dans un touché-ensommeillé sexué sur matelas découvert. samedi, Chatte Rouge dresse l’appartement de Lyon Capitale aux Invites de Villeurbanne. Les ventilateurs sur pieds nous font souffler un bonjour à Pierre Budimir (Jazz à Vienne) et son épouse que nous rejoindrons le 4 juillet pour le concert de Caetano Veloso et un salut à « JE suis journaliste musical et cela doit se savoir », trop sérieusement prétentieux pour inciter à une quelconque attention. Clignez des paupières. Au Square de La Doua, Sebastien B. relève sa moue boudeuse devant mes enfantillages : je cours devant la Symphonie conique d’Airvag, galipe devant les détecteurs de mouvement au pied de chaque diamant blanc laiteux et laisse mes pupilles s’arrondir devant les lumières et sons-tourneurs qui irradient les structures gonflables. Clignez des paupières sur cette prairie de vers luisants, régressive et poétique. Au Confluent, dans le bunker de l’Entrepôt des Sucres, les beaux hardeux miment la sagesse devant une scène électro minimaliste granulé d’un flux vidéo, crade et surtramé. Arty Farty éjecte le long du quai, Patrick («  »il a le plus beau cul que je n’ai jamais vu à Lyon » – Sebastien B.) et Z2 («  »T’imagines un Mare Magnum ici ? Quel gâchis ! » »). Christian Johan Bégaud (CJB) m’embarque sur un flotteur amarré. Il sourit avant de cligner des paupières : « Patrice Béghain veut garder le site debout jusqu’à la prochaine Biennale d’Art contemporain ». Après ? Certainement place à la destruction pour des investisseurs prêts à sortir du contenant à vendre aux prochaines élections. Marc Chabert est sur le quai, en partance pour un bizz nocturne à tuer les concurrents du centre ville. C’est ce qu’on appelle une politique municipale de gauche du Contenu et visionnaire. « Tu en es où politiquement ? » me dérange une arteuse, indoor. Après deux coulées de bières, ma trachée sort : « Je cherche à m’engager en rapport avec la mémoire. Les Français sont individuellement surprenants mais collectivement crétins. Ils se feront entuber par la droite comme ils se sont fait entuber par Juppé en 1995. 1995 et 2002, c’est la même chose. 1936 en Allemagne et le 21 avril en France, c’est effroyablement proche. Mémoire quand on te perd » La main sur le torse, je picore la bouche de Rachid au Medley. « Tu ressembles à Ruppert Evrett. Je t’assure », se colle Pascal à mon amour du week-end. « Arrête. Cela ne sert à rien » ferme les paupières Rachid. J’ôte ma capote et l’embrasse toujours : alcoolisé, le sexe bande à l’infini mais n’éjacule jamais.

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