Your World Is Flat

«  »C-patch », beat générateur minimaliste d’Auterche, ralentit mes pas vers Le Cap Opéra. mercredi, Super Pénélope et Jean-Paul Brunet se dénarinent de leurs verres fumés sur le grill de la terrasse du bar trendy de la saison. Tous deux rayonnent : « Avec cette chaleur, Julien Micro P. est sexuellement intenable. On n’arrête pas de faire l’amour » sourit Super Pénélope. « Demain, direction l’Amérique latine » pour l’éternel et vif ado de La Maison de La Danse.


Nicolas Stifter m’arrache de la table pour un camping dans l’Atrium de l’Hôtel de Ville, un ballon de rouge en gourmette. La fanfare s’amuse d’un « Barbie Girl » relooké en musique pour guinguette et le lancement de la campagne municipale. « Tout l’monde dehors » déplie les chaises. Vachard et sourire levé, Patrice Béghain s’en prend à Noël Brunet : « Après ces législatives, vous allez devoir vous recycler ». Le conseiller milloniste gonfle un « Je suis maintenant affilié UMP… On peut s’y inscrire via Internet ». Oui, le gros pudding chiraquien n’est pas très regardant sur sa composition : un peu de millonistes en déconfiture ne gâchera en rien l’indigestion à venir. Clignez des paupières. Duchesse reçoit en appartement Marie-Eve, Mon Épouse, Sandrine, Géraldine, Kévin et Joël pour une deuxième semaine de champagne et un défi « off thee record » à relever. Clignez des paupières, le cachet effervescent du Only Love can break your heart de Saint-Etienne à surliquéfier le sang. À temps égal entre l’anniversaire de la mort du père et celle de la mère, ma boîte crânienne jongle, jeudi, avec les dates et les symboles. Sale période d’interrogations qu’une chute de grêlons essaie de nettoyer en chemin vers le Broc Café. Claire se gratifie d’un « vous fantasmiez de vous faire enlever et, étrangement, c’est à moi que cela arrive ». Apéritif raté. Au Cube, le Club de la Presse fête ses 25 ans. Philippe Moncorgé ouvre grand la plaie : « J’ai été touché par ton article dans lequel tu évoquais la mort de tes parents. Ils te manquent ? ». Non. Et re-non pour l’aspect thérapeutique à s’écorcher sous les yeux du lecteur sur sa vie privée. L’exposé brutal et intime n’a rien d’une analyse psy ou, pire, d’une (in) consistance intellectuelle. Être orphelin crée la douleur puis se mue en questions universelles : la présence, l’influence ou l’absence parentale effective, comment s’enraciner là où l’on veut ? Comment pousser sous une forme libre et personnelle ? Comment s’engager dans des histoires qui finiront un jour ou l’autre, quoique l’on invente pour les maintenir dans notre envie d’habitudes ? Paul Satis, gendre idéal et journaliste plus que parfait au visionnage des « grasses maquillées » et autres Laurent « Wanabee Boyer » Natale qui infectent l’antenne de sa TLM, tend sa main pour un salut lorsque j’avance mes lèvres pour une embrassade : Ça l’embarrasse un peu tout en me faisant rire. Géraldine, natural trender, synthétise les habitués du lieu : « C’est sinistre. Ils sont tous habillés « prêt-à-porter » acheté à Eurexpo ». Marie Charlotte guillotine : « De toute façon, déjà à l’époque du 115, c’était beauf ». La nuit se fissure de lignes électriques bleutées lorsque The World Is Flat d’Anti-Pop Consortium annonce le déluge. Clignez de paupières. « Tu es droitier ? Sûr ? Alors, pour jouer à Buffalo, tu dois maintenant boire tous tes verres de la main gauche. Si tu te plantes, tu descends ton verre cul sec » impose Vincent, à la terrasse du Moulin Joli, vendredi. Monsieur Foster Beer noie son anniversaire à coup de petits jaunes sous glaçons. Antoine et Kamel (Mushi-Mushi) saluent l’initiative de Nasser en plein focus sur les jeux de sociétés : « Je vais organiser un championnat du monde de Uno. Tu vois le jeu de carte en couleur ? ». Trop de couleurs m’enferment dans une cabine du Double Side. Je prends la nuque d’un serial fucker et plaque sa bouche sur ma queue en lui ordonnant de s’appliquer. La pure consommation sexuelle libère l’infect et anéantit l’affect. samedi, Laconque et Kamel feignent « l’aimes-moi-non-plus » au frais de la terrasse du Mushi-Mushi. Nous traçons un parcours à danser. Mon corps quémande des pulsations électroniques, un réveil rythmique. Rico au Funambule et Manoo à L’Ambassade nous donnent du corps à détordre en musique : une house sensuelle et moulée dans des dj-sets cousus aux sillons d’or. « C’est très beautiful people ici » robotise Mathieu, le corps hors tempo sur le dancefloor du tunnel de la rue Stella. Julie & Julie, Maude et Jean-Albert bronzent sous les stroboscopes dans des poses lascives puis provocantes telles des modèles déglacés des pages « mode » de The Face. Jean-Albert se tord à la Jagger, chemise ouverte sur un torse pâle et cheveux courts mais couvrant la nuque. Julie frôle le total Samantha Fox lookin’ et se plaque bras au ciel contre la moquette murale alors que Julie m’entraîne dans une dirty-dance. Retour au club, ce jeudi 4, pour le set vital de Kerri Chandler après un apéritif avec 3 mai au Comptoir de la Bourse. Fermez les paupières.

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