La bouche de Caetano

Kevin remue son couvre-chef, gland peluche de cochon rose, devant Géraldine, t-shirt aux trois mascottes de la soirée et sac à main arrosoir vavavoum. Sylvie Perret prolonge ces Histoires de Cochon, mercredi, et frise le poil de sa bête, en masque de beauté porcin. Dans l’entrepôt des Usines RVI, le Jardin des Possibles grille les côtes de viande avec la braise d’expos, pièces de théâtre, concerts et projections cinéma.


Un lieu d’abattage créatif qui, sans le secours de Mon Épouse, Super Pénélope, Marie-Êve, Cruz Poutre, Julien Micro P. et Joël, aurait sombré dans l’ennui. Non que la programmation manquât d’intérêt («  »Un soupçon fondé sur quelque chose de gras », court-métrage parfait et issu possible d’un concours hallucinogène de fumettes et autres féeries illicites du polardeux Alexandre Astier) mais on imagine rapidement, devant la platitude ambiante de sons et mouvements, l’effet qu’auraient produit quelques néons bleus électrifiés sur l’armature métallique des hangars ou une bande sonore piquée dans un abattoir. Clignez des paupières sur l’imprimé d’étrangeté de Joël : « J’ai une copine avec qui je ne souhaite pas partager mes connaissances… et c’est réciproque ». Fraises tag sur plateau d’argent et cocktails de Marc, rouge colleté d’une écume rosée, colorisent l’inauguration du Comptoir de La Bourse, jeudi. Managé par Guillaume et Stéphane, nous ne goûterons que peu de temps cet apéritif « médiatico-cultureux-friqué ». Un deux-bises à Christophe Montfort (Michèle Neyret Culture), Alain Turgeon, David Cantéra (Modern Art Café) et Jean-Pierre Bouchard avant que Mathieu ne me pousse dans la voiture. Clignez des paupières. On disait le Brésilien médiocre, très décevant en concert. Pourtant, dans l’amphithéâtre de Vienne, Caetano Veloso se fait une place au creux de l’oreille, là où le transfert sensuel s’active. Les rides en étoiles, au bord de ses yeux sourire, la bouche du tropicaliste pleure, assourdit le chant, s’emballe dans les aigus, illusionne un monde douceâtre et peuplé de lèvres agiles qui nous murmureraient des chants d’amour. Je regarde le maître comme mon beau-frère, WASP bien élevé, photographie le David de Michel-Ange à Florence : béat devant une référence se révélant à mes yeux. Clignez des paupières en court-circuit de la fermeture du Comptoir de la Bourse et le début du set de Kerri Chandler à L’Ambassade. vendredi, Christophe B. et Primabella font table pleine de rosé et vaporisent la soirée de vieux vinyles eighties. Nick Kershaw tourne en maxi 45 sur la B&O avant de faire mime-Schiffer en un posing maniéré sur le pré-acid house Tanto Tempo de Bebel Gilberto, remixé par Peter Kruder. Clignez des paupières. « Plus ta main est grande, plus tu as une grosse queue » apprend Julien Micro P., samedi, à la nuit électro de Vienne. Je corrige le prétentieux : « Non, cela pénalise les petits qui ont de petites mains mais pas forcément une petite queue. La règle, c’est plus ton bout de pouce tend à se rapprocher de la phalange de ton index, plus ton sexe est gros ». L’enceinte du théâtre roupille de saxos, flûtes traversières, trompettes noyées dans des couches hermétiques de guitares et batterie à ne plus rien percevoir d’électro et encore moins de psychédélique. Seul Bugge Wesseltoft nous convainc, au coucher du soleil, à remuer de la jambe sur un beat deep et des claviers jazzy légers. Erik Truffaz gonfle. Nils Petter Molvaer nous lâche et Dj Logic ne relève plus personne. Au Club de Minuit, Z2 veut rehausser la prestation de Logic et Nicolas Stifter celle de Truffaz. Je tourne les talons pour faire deux pas dansés sur la crypto-pop toujours eighties de Dj Strangefruit. « It was a nightfligh from Houston, almost perfect visibility. You could see the light, along the little Texas town, far below… » et fermez les paupières.

Nu. Mo. (Courts-lettrages). Petit tour de manivelle sur ce qui arrive ici, partout et ailleurs. Quel rapport entre le gentil Yann « Amélie » Tiersen et le sexy Christophe Miossec ? Le premier est effectivement très gentil alors que le second boit beaucoup avant concert et bataille avec le public à coups de petites insultes. La preuve, ce jeudi 11, aux Nuits de Fourvière. Vendredi 12, L’Ambassade se spiritualisera avec C-Drick et Rico lors d’un Flying Night forcément « house is the feeling ». Clap. Samedi 13, la tournée des bals des pompiers sera vitale pour le dépaysement nocturne, le sexy des uniformes et les femmes célibataires mises sur leur 18 et qui mouilleront leur culotte à la seule vue d’un casque d’argent. Un gros faible pour la caserne de la Madeleine, quartier Guillotière. Clap. Le 9 et 10 août, Marsatac attirera sur la plage des deejays d’importance. Au milieu du line-up : Chateau Flight, Norman Jay et Adam F devraient déchirer les cordes des espadrilles en quelques minutes. C’est à Marseille et la ré-actline : 04 91 85 29 73 et www.marsatac.com. Clap de faim.

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