Human Bastard

La comédie de la comédie sur pellicule dark et « dogmée » : Strass se déroule, mardi, en avant-première au Ciné Cité. Géraldine invite son Kévin, Mon Épouse, Marie-Eve et Sandrine à la projection du film belge, estampé « Grand Prix » au premier Festival Nouvelle Génération du film numérique. Faux-reportage sur un professeur tyrannique, plus que paumé, qui lustre sa folie, pas très douce, dans des cours de théatre extrême.


Les jeunes comédiens panurgent vers un firmament de notoriété borderline et se laissent planter par un Pierre castrateur. Le même Pierre Lekeux, acteur et producteur de ce film sympathique et drôle à 10.000 euros, et son réalisateur, Vincent Lannoo nous rejoignent en post-event pour un souper sur péniche où le rosé huile le cirage noir du Rhône ; le cinéaste belge imagine l’entente et l’harmonie du groupe comme un « Friends entre journalistes ». Clignez des paupières sur l’inusable de l’année, « Geogaddi » de Boards Of Canada, en intégral sur le tourne-cd. Un éléphant trompe évidemment. Fred de B. trompe toujours. jeudi, à L’Escalier, le peintre-écrivain se frotte pour la première fois à Mon Épouse : « Montre-moi tes seins » s’enchaîne à « Tu as déjà été sodomisée ? » pour se crocheter avec un répétitif « J’ai envie de te bouffer le cul ». La future mère de mes enfants (enfin, presque) esquive avec classe les assauts de l’Éléphant gauche qui « à force de (se) frotter, (a) la queue toute irritée ». Super Pénélope s’acclimate à doses de petit jaune à cette langueur estivale, période de dépressurisation où esprit et corps se délestent des obligations mondaines et des public relations. Mathieu T. l’arrose de son « coup de mistral » en Avignon : « Je la vois assise dans un magasin complètement cassée et elle me sort : « Je ne pas supporte pas le mistral ». Chez Carlino, dans un tour de table sur la zoophilie, Mon Epouse s’insurge : « La zoophilie, c’est comme la pizza, je refuse ». Clignez des paupières en connivence moqueuse devant les yeux pétillants d’ivresse de Julien Micro P au Funambule. « La moitié du milieu te déteste » décide Olivier Screenluv à la terrasse du Cap Opéra, vendredi. Pourquoi donc les pédés me détestent-ils ? « Ta façon d’aborder les mecs en leur mettant la main au cul… Tu es trop direct » affirme l’idéaliste amoureux. J’acquiesce ma maladresse. Je ne suis pas un dragueur né. Je ne sais comment aborder l’autre hors du champ de la banalité. Il fut un temps où la fréquentation assidue de commerces de proximité (boulangerie, tabac du quartier) me valait les familiarités typées « comment allez-vous ? » ou « Il ne fait pas très beau aujourd’hui ? ». Je m’efforçais de répondre avec ce sentiment coupable que mon double susurrait à l’épaule de la Question : « Regarde, sa réponse est creuse. Il ne croit en rien à ce qu’il te raconte ». Oui, je n’arrivais pas à la simplicité sans importance d’un échange sans importance. Aujourd’hui, je suis capable du basique « Ca va. Et toi ? » avec l’assurance de l’interrogé touché. Le rebond du « Et toi ? » n’étant que politesse et maîtrise du faux. Pour la drague, je ne peux pas. Je ne peux pas faire croire à l’autre que son être m’intéresse alors que mon attirance est avant tout sensuelle, charnelle, sexuelle. Baisons et nous verrons. Ab de Tapiole. com brainstorme : « On va lancer un sondage sur le site pour savoir si tous les gays te détestent ? » Clignez des paupières. Au Cinéma Opéra, Madame Joy se tape un rail de coke avant un dîner « familial » pendant que des laborantins en blouses roses théorisent sur les trous noirs tout en se testant l’anus en arrière-cour. Tara, transsexuelle bedonnante, voit la vie « amour, gloire et beauté » en version mauve fleurie et L’Attaque de la Moussaka Géante consterne d’hilarité la salle obscure. Mauvais trucages où un morceau de moussaka, surdimensionné par quatre bimbos extra-terrestres en platforms-shoes pailletées, se gondole dans les rues d’Athènes et tue des figurants qui en font toujours trop. Complètement gay-oriented et malgré les scènes de massacres à la béchamel très diluée, totalement underground et cinglé. Clignez des paupières. Kanardo motha & fatha accompagnent Robert V. et Paolo jusqu’au sas du Medley dans un roulis de considérations politiques. Robert V. augure : « Lyon est en passe de redevenir une ville de sous-préfecture… « , puis, cynique : « Les électeurs de gauche lyonnais n’existent plus : ils se sont tous suicidés. » La mode de l’été semble, dangereusement, consacrer Gérard Collomb comme le maire le plus ringard que Lyon n’est jamais eu. « Un ghetto Dance Machine de beaufs au Confluent et une savane africaine au Parc de La Tête d’Or… ce n’est pas très reluisant comme grand projet », déchargent le quatuor. Dans la fournaise de la rue Childebert et en rythmes cassés sur « L’amour à la plage » de Niagara, Robert V. ferme les paupières : « Pour être en permanence dans l’avant-garde, je change mes pas de danse toutes les 20 secondes ».

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