Special numero 400

Que faire pour ce quatre centième numéro de Lypn Capitale ? Me lancer dans une semaine de travail thérapeutique sur mon rapport à l’écrit ; au journal qui m’offre ce espace unique ? Rappeler à mon directeur, Jean-Olivier Arfeuillière, que malgré toute l’affection infinie que je lui porte, « non, je ne suis pas un vieux dinosaure de la nuit » ? En un clin d’oeil, je lâche l’idée périlleuse : demander aux « names dropped » (les pseudonymes cités dans cette rubrique) de répondre à la question suivante : » »Quel est le mobile du nocturne ? ». Voici les Nuits Mobiles 400 par les autres. Bon anniversaire. Edgar.


«  »Décembre 86, dans le bus qui m’emmène au lycée, j’apprends avec consternation dans Libération, la mort d’Alain Pacadis. Etranglé par son amant. C’était la fin d’un rêve, d’un monde imaginaire dans lequel j’étais convié chaque jour en lisant sa chronique de nuit dans les colonnes du journal. Du fond de ma campagne, à mille lieux de tout ce monde interlope des nuits parisiennes, je m’évadais vers un eldorado inconnu, qui suintait l’alcool, la défonce et la misère sexuelle. Les silhouettes qui animaient ce petit théatre glauque et impénétrable m’attiraient, me parlaient d’un ailleurs possible. Pacadis est mort, le courrier des lecteurs de Libé avec. Merci Edgar de m’accueillir dans ton bordel, dans lequel il ne s’y passe et ne s’y dit rien d’aussi essentiel que la liberté d’exister et d’aimer ». Super Pénélope

«  »Ainsi, non content de nous infliger chaque semaine ses humeurs d’inspiration médiocrement narcissique et agrémentées d’horripilants gimmicks, voici que B.J. invite son aimable clientèle à lui donner le plaisant rôle d’arroseur arrosé. Nul doute que l’ego névrotique et surdimensionné du garçon en concevra d’intenses satisfactions. Nul doute non plus que les Duchesse, Mon Epouse, K-Line et autre Super-Pénélope, dont les enfantillages les plus consternants font le droit commun de la navrante chronique, auront eu à coeur, par quelques puérilités codées dont elles partagent le secret, de lui témoigner leur pathétique dévotion. Soyons sérieux : B.J. est le seul à se montrer digne du prétendu « Journal des esprits libres », où ni esprit ni liberté n’ont jamais été observés par quiconque. Dont acte, et ne fermez plus les paupières ».
Maître XXY

«  »Mon Baille Naite. Tout a commencé dans la nuit avec une petite culotte rouge, et un chapeau melon. Je me suis retrouvée dans le cadre doré à tout dévoiler, ma joie, ma belle gueule, mon enthousiasme, mes envies, et même mes faiblesses. Cela a continué avec une vodka qui parlait portugais sur une station de radio russe… Et puis, soudain, ça s’est arreté quand mon réveil a sonné. Je n’avais jamais revé truc pareil, j’aimerais que cette histoire m’arrive. A tous ceux à qui je pense et que j’aime Laurent, Catherine, Carole, Lionel, La Grossette, Vincent, Laurence, Mes parents et Chantal, Iris, Valérie, Edgar, José, Patricia, Wilhelm, Alain, Guillen, Helena, Jérome, Jean-Yves, Marc, Maxime, Pierre, Mikael ».
Carla

«  »Bäptist Jackêt – Elément de dérangement mobile et nocturne. 1m85 x 12 kg x 11 cm (rétractable). Non convertible. Poss. monté sur roulette pour faciliter déplacement. Vendu avec moquette poitrinaire, dorsale et faciale (option nez et oreilles). Habillage personnalisable et chatoyant (du tweed gris au velours kaki). Entretien : acide borique. Ne se repasse pas. Fonctionne, avec ou sans piles, de 20 heures au bout de la nuit, mais inutilisable en matinée. Conserve la chaleur, pas les indiscrétions. Uniquement en modèle surrendetté (modèle éco inexistant). Prix imbattable : 20 Euros le feuillet !!! Ni repris, ni échangé. Vente interdite aux mineurs de moins de 16 ans. Le fabricant décline par ailleurs toute responsabilité pour le retard inéluctablement constaté de livraison ».
Le Tiercé + (K-line, Duchesse, Mon Epouse)

«  »C’est l’histoire d’une paire de pieds Nike-lés, bien trop blanche sur le sol carrelé d’un Monde à l’envers. Un jour, Collé-Serré sur la trot’ de son pote, elle se met à voyager. De Paso-Dobler au milieu d’une vertu bleue, au soute d’une péniche à danser le naufrage, en passant par des huis clos entourés de bars Ferré. A force de courir le palpitant derrière le superficiel, à emboîter le pas de sa clique vers des nuits où tous les mensonges sont vrais, elle était devenue zoliment patinée. Elle avait pigé qu’elle n’était qu’une enveloppe, pour des êtres qui dans la tragédie de leur survie, ont besoin de bulles sombres pour se sentir vivant, le temps d’un instant. A rire et à chanter, à lever les bras aux facettes de leurs boules écarlates, à aimer et à enlacer à s’en user les semelles ».
Z2

«  »Paupière [popjer] n. fém. du XIVème ; palpere 1120 ; bas lat. palpetra, class. Palpebra. Chacune des parties mobiles (voiles musculo-membraneux) qui recouvrent et protègent la partie antèrieure de l’oeil. « Clignez des paupières » (Edgar, in « Nuits Mobiles » »).
Conclusion : le mobile du nocturne, c’est la paupière. » »
Petit Poucet

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