So quickly

Bill Viola et Dumb Type nous installent, mercredi, dans des scènes à frissons au Musée d’Art Contemporain : l’Américain dans une chambre noire placardée d’humains en stroboscopes et piquée de poussières vidéos blanches ; les Japonais sur un faisceau lumineux et marchand de sable nerveux pour des êtres coffrés dans des lits en écrans de verre plat. Ces deux installations notables nous amènent, au dernier étage du musée, à vernir le Rendez-Vous, exposition de jeunes artistes internationaux. La série de tableaux d’anges ailés de poumons ou les corps anatomisés à coeur ouvert et aux veines décharnées de Mathilde Rozier me plaque à ces petites pièces désirables.

Les sept minutes du montage vidéo de Yael Bartana débobinent un plan serré sur une autoroute où les voitures se figent, dégoulinent sur le bitume en double fond. Les automobilistes descendent de leur voiture à l’arrêt tels des résistants à ce flux continu, crade et haché. Un dernier plan accélère des bolides dont s’échappent des drapeaux israéliens. Troublant et vraie réussite de l’expo. Clignez des paupières. Au post-event organisé à La Marquise, Mon Épouse, en pleine addiction aux Miss de Mesdames De Fontenay et Michon, expose à K-Line quelques détails du concours Miss France 2003 dont la finale lyonnaise offrira certainement un instant de glamour à Gérard Collomb. À quelques verres de trop sur la péniche, nous switchons d’un Mushi-Mushi restructuré (pour lequel nous nous accordons sur la faute de couleur commise lorsque la mezzanine fut aveuglée d’un vert anis peu flatteur pour Kamel) et un final explosé au Voxx. Ange souffle son anniversaire aux platines du bar pendant que Cruz Poutre relate la perle entendue dans les mouvements de corps en fête : « Les filles s’inspirent de la féminité de Leika (le chien de Kamel). » Clignez des paupières sur un début de semaine où, déjà, les minutes s’étirent à me faire croire qu’une journée dépasse ses vingt-quatre heures imposées. Jeudi, quelques centaines de mètres séparent les tonnes de Beaujolais nouveau en partance pour le monde depuis Saint-Exupéry et le vernissage champagnisé des clichés du dernier défilé de la Biennale de la Danse, réalisés par Bruno Ansellem, Michel Cavalca et Laurent Cerino, et exposés à l’Imprimerie FOT. Les mousquetaires de la photo nous accueillent avec cliquetis de coupes moussantes et petits fours à tous les plateaux. Françoise Rey avance une mine de femme heureuse, amoureuse. Sandrine B. fait sensation « vavavoum » coiffée d’un chapeau princier en plis bleus électriques. Jean-Paul Brunet arrive du Café des Négociants où se tient l’anniversaire des Scoops du Grand Lyon de Gérard Angel : « Tout le monde était là. Le maire arrivait lorsque je me suis éclipsé », trinque le doux jeune homme. Nous clignons des paupières sur ce mix d’encravatés et femmes d’une autre époque qui m’amuse une partie de la soirée puis finit par me faire bailler. Réveil à l’United Café pour une coulée de verres lâchés par Laurent Radix et Florent de la Table d’Hyppolite. Les deux excessifs s’activent dans des chorégraphies discotiques à se débrayer et me faire cligner des paupières, paisible. « Allez, nous n’avons pas que ça à faire ! Prêtez serment et puis au cocktail à l’étage ! » décrit, fraîchement diplômée architecte, Peggy-Laure Allard (Agence Ost’in) au Café 203, vendredi. « Avez-vous vu le bâtiment de la Région ? Je jure que je ne ferais jamais un truc aussi moche », continue Peggy devant Mon Épouse, Mathieu et Sébastien Érom. Il y a quelques semaines, Sébastien semblait assuré de figurer parmi les droppés de « Nuits Mobiles » sous le doux pseudo de P..S.. grâce au charme évident dont son collaborateur-de-chauffard-pour-un-grand-quotidien pensait pouvoir abuser. Le pari tenu et perdu, le journaliste nous textote la confirmation d’une table de dix pour un dîner gargantuesque. À respecter. Clignez des paupières. Marc, ex-amour et toujours trouble-tête, m’assoit aux Chats Siamois pour un défilé de merveilles piquantes et un innocent jeu de massacre sur le serveur, « joli mais manchot ». Clignez des paupières. A La Ruche, Mathieu qualifie l’accent du Sud-Ouest souri par mon amour comme « ne faisant pas très sérieux Vous, dans le Sud, vous ne travaillez pas beaucoup ». Les provocations faites, le méthodique se flagelle du terme : « Je suis zérosexuel ou autosexuel : c’est à votre convenance ». Les basses de spiritual house glissent de la feutrine d’un Dj Deep inspiré sur Carla, en drague à tout va, David Cantéra et Willem, le visage en brillantine. L’Ambassade s’enivre et ma langue redessine les lèvres de Marc avec cette hyperfragilité retransmise à mon échine qui, par un seul touché, la tord de plaisir. Fermez les paupières devant Mathieu et Julien-Justin en rapprochement au Medley.

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