Si loin, tout proche

Elle est seule et tout ne fonctionne pas très bien. Christiane Cohendy rode son personnage en première de Et puis quand le jour s’est levé, je me suis endormie, au Théâtre des Ateliers, mardi. Le texte de Serge Valletti est pourtant ciselé d’absurdités risibles, de répétitions à en perdre la tête. Les jeux avec les mots pouvaient prétendre à nous labyrinther adroitement dans des songes peu réalistes. Manqué.


La comédienne n’arrive qu’à donner un rythme monocorde à la pièce, malgré les multi-personnages qu’elle mime avec âme, mais sans chair. Simple question de rodage et ajustements à venir ? Peut-être. Clignez des paupières. Cela fait un an tout juste que nos coeurs se sont rencontrés même si notre entente paraît plus lointaine. Mercredi, Super Pénélope replante l’heureux événement, là même où tout a commencé : au Sofitel lors la présentation du beaujolais nouveau. À chaque lancement du vin-qui-fait-mal-au-ventre, le patio de l’hôtel se peuple des Lyonnais les plus notables ou en apprentissage. C’est le cas de Laurent « Wannabee Boyer » Natale avec lequel je m’entretiens pour la première fois. Le micro-producteur de TLM me parle en se regardant avant de se/me questionner : « Vous avez une haute estime de vous-même. Non ? ». Un long coup de rouge silencieux à regarder l’ego du Monsieur gonflé. « Vous ne vous prenez pas pour une merde ? » décode-t-il pour me faire réagir. Il est préférable d’avoir une certaine estime de soi pour tenter de faire de belles choses, d’espérer se sentir utile. Alors « oui, je ne me prends pas pour une merde ». Laurent Natale sur l’écran me paraît beaucoup plus agréable qu’en chair et sans os : sa « haute estime de lui-même » reste cadrée et contenue par la taille de nos ustensiles de visionnage. Et un format de 20 cm suffit largement pour regarder ses non-émissions. « Je ne dirais pas de mal de vous : personne ne vous connaît. Dommage ! » tourne des talons Wannabee Boyer. Super Pénélope est déjà loin lorsque Julien Berthet tente, en vain, de me présenter sa madone, Anne-Marie Comparini. Marie-Charlotte et Julien-Justin se drunkisent auprès de Forrest UMP et millonniste, Ours Fort, et d’un Serge Tonioni en sourire et à redécouvrir. Le regard attendrissant et l’allure « gendre parfait » de Paul Satis force un salut affectueux au journaliste. Pierre Budimir parle nouveau travail et « as-tu des nouvelles de Claire ? » avant que Marie-Charlotte n’annonce que j’ai été victime d’une tentative d’attentat au chewing-gum : « Ne bouges pas : tu as un chewing gum collé dans le dos. C’est horrible ». Nous fuyons en cuisine à la quête d’un glaçon, d’un éventuel garçon conciliant, pour nettoyer mon Prince de Galles en pestant « C’est un coup de Laurent Natale Il nous faut des glaçons », sous les regards enjoués de grands-mères en gourmettes dorées et en pleine digestion de charcutaille. Marie-Charlotte chevauche mon dos cassé sur un accoudoir de fauteuil afin de faire durcir l’objet disgracieux par frottis gelant sur ma colonne vertébrale. « Partons maintenant », suggère Julien-Justin. Le temps de chaparder quelques fleurs en grimpant sur les tables pour atteindre d’immenses pétales odorants et nous nous flashgordons à Tombé du Ciel. Philippe Moncorgé se détorse et se collerette d’un tablier de « bojoleur » pendant que sa « gouvernante » insiste pour me faire un american kiss (le baiser où l’on garde sa boisson en bouche afin de l’expulser dans celle de l’autre à s’en rendre vulgaire par jets sur son entourage). Clignez des paupières dans une fin de nuit joyeuse à La Ruche et l’United Café à en oublier le pourtant attirant Maternelle Process organisé par la Compagnie Là Hors De, nuit de débat autour de l’avenir des Subsistances. Jeudi, le Carré d’Or se retrouve au Modern Bar (rue Thomassin, quartier République) pour des tours de rouge champêtres. Duchesse me fait présent d’un crayon laser qui projette deux coeurs rouges cupidonnés. Sandrine B. tente de convaincre Primabella d’un strip-tease spontané. Babby voudrait basculer Bruno Ansellem (« Il est mignon, gay ? »). À l’Euro-Shop d’à-côté, Julien Micro P. parcoure le sex-shop, un double gode tenu fermement en main. Au portable pour sa Super Pénélope : « La vaginette à 100 euros me tente bien ». K-Line : « Je vais vomir » puis « C’est quoi ça ? » en direction d’une dînette de godes multi-tailles. Sandrine B. : « Une ceinture double-queue ». Mon Épouse trépigne pour aller danser au Medley. En sous-sol de la disco, tout n’est que jeux sur musique emballante : Cruz Poutre se gratte la tête en bascule avec sa coupe de champagne ; Super Pénélope chorégraphie En rouge et Noir, de Jeanne Mas, à nous convaincre d’une pré-répétiton intensive obligée. Christophe B. est drunky et beau. Sandrine B. s’imagine danseuse de ballet et me coince le bassin, son corps durci en équerre. Tous s’attendrissent et ferment les paupières sur de l’insaisissable, du mémorable, du bonheur.

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