Starz & Zeroes 2002 (Rétro – Part 1)

Avant de retrouver (dans le prochain numéro) toutes les Starz et le meilleur de la ville, petit retour sur mes déceptions, ennuis, énervements. Voici le palmarès saignant des Zéroes de l’année 2002. Ouvrez les paupières.

Zéro Premier – Brun 21 avril

Quelques jours avant le premier tour de l’élection présidentielle, je m’apprête à voter pour François Bayrou. Claire me suspecte de vouloir lancer une nouvelle mode électorale tellement mon poulain sonne creux avec son poster géant en sous-bois titré « La Relève » et joue le moderne trop gentil avec le pot d’échappement odorama de son bus au colza. Le 21 avril sera beaucoup moins drôle. Ma correction dans l’isoloir à voter Jospin ne changera rien. 20h noircit les écrans télé du choc : Le Pen qualifié pour le tour ultime. Dégoût et rage me rougissent la peau. 15 jours de manifestations, de débats interminables afin de comprendre le pourquoi puis la décision finale d’aller se faire entuber et voter Chirac. Le 5 mai, le voleur ramasse un gros 82% de voix. Le pays a rectifié sa bascule à droite, affolé qu’il était d’avoir poussé l’aiguille beaucoup trop loin. Sombre histoire.

Zéro Deuxième – Tranquille
Certains dépeignent Loft Story comme une nouvelle forme d’avilissement de l’être humain, un jeu ignoble bidonné et décérébrant. Pourtant les candidats du real-show se disent tous « tranquilles » (avec ou sans l’accent du midi) comme cette France qui se rêve « tranquille », débarrassée de ses vilains moutons noirs : petits délinquants, mendiants, jeunes raveurs, prostitué(e)s, avorteuses, gays ou pornographes suspects. Tous veulent être tranquilles et pouvoir dormir les fenêtres ouvertes sans craindre le bandit ou le bruit de la vie. J’aime l’intranquillité car elle me rend vigilant et réactif. Tout cacher. Tout expulser. Tour déplacer. Tout nettoyer. Tout incarcérer. Tout filmer. Pour être « tranquille » sans regarder au fond. Que se passera-t-il le jour où, tous, nous serons « tranquilles » sans rien devant nos yeux pour nous bousculer à défendre une cause, nous donner l’ambition d’un autre avenir pour nous-même, pour les autres ? Le monde selon Sarkozy et les Forrest’ UMP est trop propre, trop brillant, trop factice pour être réel. Trop Loft Story.

Zéro troisième – Gérard Collomb
Avant lui, il y avait le révolutionnaire et ambitieux Michel Noir puis, le méprisant et rond-flan-flan Raymond Barre. Avec Gérard Collomb, il y a le sécuritaire et ce goût paraffiné de sous-préfecture que l’on imaginait avoir définitivement éliminé avec la retraite de Francisque. Le maire, heureusement socialiste, envoie manu-poliçari les putes en banlieue et visse la vidéosurveillance à chaque coin de rue. Pour la paix des chats gris, il favorise le couvre-feu nocturne à coup de descentes de police dans les bars afin de choyer ce nouveau bourgeois, ex-parisien stressé et désireux de calme et propreté dans cette ravissante bourgade lyonnaise. S’il est choquant, pour l’électeur de gauche, que Monsieur le Maire mène une politique à la Rudolph Guiliani, le plus désolant est qu’il n’équilibre même pas cette politique droitière par un pendant plus positif, urbain, humain, à l’écoute de l’air du temps comme son homologue parisien. Avant le 21 avril, on ne l’entend pas. Après, il verse une vraie larme puis se tait. Le 14 juillet, il vante la République avec les choeurs d’une tripotée de petits chrétiens, cierges allumés sur les quais du Rhône. En Automne, il inaugure une place des Compagnons de La Chanson. Il sourit aux webcams de Lyonpoupoules.commérages, site spécialisé en mako-lettrages et inaugurations de boutiques. Il promeut la ville à coup de crêpages de chignons entre jeunes filles pures mais chaperonnées par des tyrans. Il promet une savane au parc de la Tête d’Or et un centre commercial (pardon, de loisirs) au Confluent. Que du glamour. Conscient de ce trop plein de « vavavoum », Gégé dégaine l’effet « ketchup » soit « patience, on est entrain de secouer et tout va sortir d’un coup ». Si le ketchup n’est pas mon condiment favori, j’espère que son effet sera au moins des plus réussi.

Zéro quatrième – Laurent Natale
Lyon-Clubbimbos
ou La nuit lyonnaise vue depuis les soutien-gorges de jeunes filles blondes, c’est lui. Espace VIP ou Comment poser des questions très impertinentes à des starlettes parisiennes, c’est encore lui. Belles et Bien ou Se la jouer mec qui sait lire après avoir laissé papoter chiffons des animatrices ainsi présumées analphabètes, c’est toujours lui. Le multi-producteur de TLM est ma tête de turc pour le navrant qui inonde l’écran et pourrit les qualités des brillants Paul Satis et Stéphane Cayrol. Et vu la taille de sa tête, j’ai de la matière pour 2003.

Zéro cinquième (light) – Le faux jeans vintage
C’est le énième renouveau du jeans. Après l’effet « dust » de 2001, voici le bleu égratigné et vieilli. Le top de la ringardise se porte tout marine foncé et salement délavé sur les cuisses ou au cul. On pensait pourtant avoir atteint des sommets avec le jeans « neige ». Fermez les paupières sur tant de laideur.

0 comments on “Starz & Zeroes 2002 (Rétro – Part 1)Add yours →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*