Som’ Like It In Riot

« Tu arrives ? » questionne OLB, mercredi, alors que nous traversons l’atrium de l’Hôtel de Ville enneigé et clouté d’immenses stalagmites roses lumineuses. « Que cette année vous soit douce », souhaite Gérard Collomb aux « forces vives » invitées. Le bref discours applaudi, des mains d’affamés s’articulent en pagaille le long des tablées de champagne et petits plats de chefs lyonnais. Là sans l’être, je traverse les salles bavardes au cas où. Au cas où un joli lutin me balancerait une boule de neige grisante et fraîche sur la gueule avant de me botter cette vilaine déprime hors du corps.


Puis il partirait en courant avec des éclats de rire pleins les souliers. Mais, ce soir, je m’ennuie. OLB fait tourner un logo « FCPL » sur l’écran de son portable : « Non. C’est le football club de la presse lyonnaise », crâne le journaliste après mon premier déchiffrage qui aurait pu être « Fan des chauffards en poids lourds ». Un « tu es le mec le plus sexy de la soirée » mal-adressé au footballeur amateur et puis Patrice Armengau, en binôme avec Serge Dorny, salue Jacques Haffner et Julien. La paire de clubbers annonce l’ouverture du 10 en lieu et place du feu Dark’s Klub, ce 23 janvier (on imagine déjà la course aux invitations pour assister à cette première et les coups de sacs à main, les jeux de coudes pour pénétrer dans la nouvelle disco). « Effectivement, il y a une référence au Onze dans le choix du nom », sourit le jet-setteur avant de me piquer d’un « Patrice Armengau est très mignon : il s’est fait faire un lifting ? ». Le plus chic des Lyonnais est de retour pour l’Opéra national de Lyon. « On peut rigoler un peu ! Non ? » se corrige l’ex-fleuriste. Patrice Béghain me désigne comme « homme dangereux », sans autre commentaire qu’un petit sourire malin. Dangereux, je le suis trop certainement pour moi. Pas pour les autres. Ces autres que je salue en embrassades automatiques et à qui, au mieux de ma forme, j’aurais arraché leur langue en V d’un french kiss bien franc et jouissif. Clignez des paupières. Mon Épouse et Cruz Poutre écrasent des bulles de champagne avec l’aimable Serge Tonioni. Dans le grand escalier, Michel Chomarat nous remémore les anciennes « tazs » où les mecs s’enculaient fesses nues sous les fenêtres des riverains. Une boule à facettes géante fait graviter ses pointillés le long du lourd velours des marches. Nous clignons des paupières, la tête vissée sur ce rotor magique en plein retour dans l’air du temps. Sous les 9 muses grelottantes de l’Opéra, je supplie Barbara Romagnan de m’accompagner prendre un verre au Baryton : « Pourquoi me vouvoies-tu toujours ? (sic ) Je dois travailler sur ma thèse Bon d’accord, juste un verre ». Dans le bar de la rue de l’Arbre-Sec, Isabelle Dejeux se sent un peu seule avec son Sony-Ericsson high-tech : « Pour échanger des photos, il faudrait que je connaisse au moins une personne qui soit équipée de ce type de portable », sourit la ravissable. Sébastien Érome joue le caïd après s’être, soi-disant battu sous la neige avec un automobiliste. À deux tables, Cricri continue sa série Je-ne-bois-qu’avec-des-blondes. L’éternel ado rectifiera : « Je fréquente également des rousses et même des brunes ». Julien Micro P. prend la pose du charmé devant Barbara Romagnan. Clignez des paupières dans une grande bataille de neige. À l’United Café, Pascal et Comtesse se drunkizent, accrochés à mon cou : « Ici, ce sont les soldes Kiabi : aucun mec emportable ». Les corps de deux jeunes filles en plein jeu hystérique se sont jetés dans la fontaine Bartholdi lorsque je cligne des paupières. Vendredi,l’Lax Bar invite les prétendants Mister Gay 2003 à défiler sur écran géant lors d’une présélection sous le signe du minet imberbe et aseptisé avant la finale régionale au DV1, le 17 janvier. Dalida peigne sa perruque sur le comptoir de La Ruche, les épaules nues et tatouées à coups du tampon de L’Avant-Première (feu Modern Bar). « Si tu ne viens pas voir mon show, dimanche 19 au Medley, et que tu ne publies pas une photo de moi, je t’étrangle avec mon boa ! » remonte-t-elle ses seins rembourrés sous un lamé scintillant. Yann corrige l’impétueuse : « Tu peux me prêter ta tenue pour me faire une boule à facette avec ? » Dans la rue, nous clignons les paupières alors que le showman entonne un Pour ne pas vivre seul, les talons aiguilles en jeu de castagnettes et les jambes arquées. Samedi, Jacques Haffner s’échappe de L’Ambassade lorsque Manoo soulève le dance floor d’un Two Months Off d’Underworld terrifique. Fabrice me pousse hors du Medley pour une course en taxi jusqu’à La Jungle. « Dites Monsieur, vous avez une grosse queue ? » lance le borderliner dans le cou du chauffeur. « Ah, vous êtes hétéro et divorcé. Et c’est votre femme qui vous a plaqué. Ben, chez les homos, il n’y a pas ce problème : nous sommes très conciliants avec les ébats extra-conjugaux de nos maris », claque-t-il la portière devant le bordel. Fermez les paupières.

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