What is this thing called love ?

Mardi, ma joue posée sur son bas ventre tend l’oreille sur le nombril de Pierre-Bertrand. Les mains de l’amourable calment, avec des caresses à tordre de plaisir, ma peau maltraitée par tant d’errances. Nous clignons des paupières au milieu d’un lit d’attouchements bienfaiteurs. Poinçonné de « je t’aime », « mon amour » et de « mon chéri », notre accrochage charnel se poursuit jeudi. Je suis calme, en dépressurisation, et presque fatigué. Comme si cette fiction, ou cette réelle volonté (égoïste ?) de Pierre-Bertrand à être amoureux, reposer ce corps tendu par les nerfs et peu limité dans ma course permanente aux excès nocturnes.


Et puis, il est plaisant, même si ce n’est qu’un mirage goûté avec méfiance mais soif, de se voir souffler mots tendres et compliments. Clignez des paupières. À l’apéritif que donne Dopebase, chaque premier vendredi du mois dans son local de la rue Chaponnay (quartier Guillotière), Cricri s’emporte contre les autorisations de fermeture tardive ôtées (ou non reconduites) aux établissements nocturnes de la Presqu’île. Son discours rejoint ceux des tenanciers victimes de cette épuration du festif et des noctambules « engagés ». Le travail de « mise en campagne » de la ville, entrepris avec zèle par la préfecture, avance et se trouve être une aubaine pour la mairie centrale qui évite ainsi un deuxième effet « nettoyage » pas très bon pour son image (circa son arrêté anti-prostitution). La ville ne bronche pourtant pas et on l’imagine même applaudir secrètement la petite tuerie organisée par la rue Servient, qui méconnait la capacité qu’ont les gens de la nuit à créer, inventer, contourner les problèmes. Ce qui ne sera plus permis dans un cadre « légal » se fera (et se fait déjà) dans le privé, dans le secret. Tant pis pour les moins biens informés et hors des circuits du Lyon-d’en-haut. Tant pis pour l’économie et le rayonnement de la ville hors de ses boulevards périphériques. Tant mieux pour le créatif et l’originalité. Les hommes politiques ne devraient jamais oublier qu’ils n’ont aucun pouvoir à faire dormir leurs administrés à une heure imposée, ou dite légale, par le simple fait que la nuit est un espace social vital, de rencontres, de rupture avec les solitudes et d’amusements. Clignez des paupières. Au 10, Laconque nous débriefe sur son amie parachutée dans son appartement : « Elle était en pleurs, voilée de la tête au pied. Elle a craqué. Maintenant, elle veut devenir pute ». Mathieu n’en dira pas plus sur sa reconversion à l’hétérosexualité alors que tous s’amusent de la blague « Savez-vous que font trois pédés à une blonde ? deux qui la tiennent et un qui la coiffe« . Clignez des paupières au Matchico sous un nuage de fumée. Il y a pèlerinage au théatre de la Croix-Rousse, samedi. Nous sentons bien que le public d’adultes qui amène sa progéniture rire avec le clown Buffo, accompagné par le violoniste Pierre Amoyal, adule les écrits de Howard Buten, écrivain-psy-clown. L’auteur de Il faudra bien te couvrir grimace, se prend les doigts d’amour pour un violoncelle qui se révélera être une maman prête à ouvrir son bois pour un enfant à cordes ombilicales. Réprésentation à laisser ses lèvres s’ouvrir de béatitude ou d’enchantements. K-line et Super Pénélope rectifient pourtant : « Buten, seul sur scène, tu te pisses dessus du début à la fin. Il est capable de beaucoup mieux ». Je suis preneur. Clignez des paupières. « C’est du lesbien canadien », transcrit Carla lors de l’inauguration du T’chom, ex-Mushi-Mushi. « C’est mon t’chom, au lieu de mon homme, disent les filles là-bas » ajoute la plus vavavoum. « Là, il y a vraiment beaucoup de filles » se gratte le t-shirt aiglé, Z2. Christelle Kanardo Chambre et Sandrine B. s’installent sous les projections diapo au rez-de-beuverie du Plastic People. Nous rejoignons le duo de mères en célibataire après agrippage du over-sexy Felix en phase d’être happé par Lady Wonder, plante vorace avec laquelle je ne pourrai rivaliser dans la prédation du dijonnais. Le bar associatif et nouvel itinéraire obligé du revival rocky des allumés nocturnes se trouve rapidement dévaliser de tous ses tonneaux de bière et nous partons drunky vers le Soleil après avoir trop forcé sur « tu veux en fait te faire sauter mais masque ton envie par un discours intello » à un quadra des Pentes. Dans le club en surchauffe, Lady Wonder nous inflige une correction en se postant devant Felix avant de l’embrasser à pleine gorgée. « Tu te dis prédateur et sûr de récuperer le garçon dans ton lit ? » part la nouvelle bombe au cou du belhomme. Fermez les paupières.

Sorties préventives (courts-lettrages). Brèves projections sur ce que les prochaines nuits auront de « Vital ». Ce samedi 12 avril dès 14h, Nassaboy et ses amis organisent le Championnat International de Uno de Lyon au KiKi Kaïkaï (10, rue Burdeau, quartier Pentes). Inscription à effectuer d’urgence au 06 63 66 01 10. A partir du 14 avril, Jérôme d’Art Canut, Elli et autres créateurs ouvrent, au Prince de La Charité (70, rue de la Charité, quartier Perrache), une exposition d’objets déco à sortir impulsivement le chéquier.

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