Under the sunny blue

« J’avais mes vieux disques des années 1980 mais impossible de les utiliser : la plupart sont rayés », peste Kevin des M & Ms aux pick-ups de Freaks 2, mercredi au 10. Lascive, Carla lève le doigt avant d’approuver le Breathe de Télépopmusic : « Ah, enfin, la musique sort du sommeil ». Au comptoir, Danielle de la Galerie Archaï trinque avec Grande Cécile en échauffement. Geneviève s’étonne dès son deuxième drink : « Je bois l’alcool comme de l’eau. Tu fais pareil ? » Nadine Fageol prévient : « Philippe Chavent de la Pink Tower est colère : il n’a pas été convié à cette fête et, par mesure de rétorsion, ne te fera pas découvrir sa nouvelle carte des Terrasses ». Clignez des paupières.


Alors que Marie-Charlotte envoie un « Quand je vois qui tu te tapes et qui je me tape, tu me dois bien 3 coupettes », en missive à une Isabelle Dejeux en raccord parfait entre champagne à volonté et sourires d’un gentleman charmeur, Colas Rifkiss joue le deejay hip hop. À travers un bouquet de fleurs en lumière rouge, Mathieu mate un jeune pimpo, regard plissé à laserifier ses yeux-étoiles, un gilet de chasseur multipoche et un paquet de Cartier au bout des doigts. Clignez des paupières. Nous saluerons Sophie ‘vavavoum’Descroix, Nathalie Cayuela, Julien Micro P., Kanardo family ou Nicolas Stifter et le Concept Food duo suivi par Laurent Gaudin. Patrice Armengau vient me souffler : « J’ai un scoop pour vous. Patrice Béghain vient d’embrasser Claire Carthonnet« . La belle sourira plus tard, tout en effectuant une petite sélection musicale : « Ca change de Collomb et Touraine ». Clignez des paupières sur ce deuxième rendez-vous « no-djs ». Au bar de La Ruche, jeudi, le « moi-je » de certains gays accouche d’un « Tu vois, une mise en scène de E.T. par moi aurait donné un résultat fondamentalement différent de celle faite par Spielberg », idiotie-à-rire sérieusement pronostiquée par un théâtreux. Clignez des paupières. « Tous les deejays à qui j’ai envoyé le morceau sont unanimes : c’est une petite tuerie. Produire ce titre m’a physiquement épuisé », annonce Dj Arnie, vendredi, à notre table de Koutoubia. En sortie de ses heures à s’occuper de sa communauté « acid et early house » sur le net, le discret se moque de l’amant brésilien de Christian. Ce dernier se défend : « Bon, il ne faut pas le voir danser, c’est tout. Là, il part un mois au Chili puis revient travailler au Ritz. C’est un bon plan pour un séjour parisien de luxe ». Clignez des paupières. À L’Ambassade, un ordinateur portable drive le mix garage du nightclub. « Il utilise le logiciel Final Scratch qui injecte les données des fichiers mp3 dans les sillons de deux vinyles codés. Le deejay n’a plus qu’à amener son ordi et ses deux galettes. C’est fini les flycases à traîner sur des roulettes et tes disques que tu abîmes », s’emballe Arnie avant de croiser sa langue avec celle du ravissable Yann, droit sur ses genoux en appui sur un sofa du Medley. Clignez des paupières. Nos cabines à baise se font face. Assis dans la première, jambes allongées et avant-bras en croix, je regarde un serial fucker, debout dans la deuxième. Dans un bordel, l’art du sexe rapide consiste à attirer la main de son partenaire sur sa peau, dans mon cas, à lui faire effectuer le premier pas afin qu’il se sente demandeur. In extenso, soumis à mes désirs. L’appât de l’autre se fait par l’attitude physique. Tout se flaire autour d’une danse silencieuse, animale et sexomagnétique. Enfin, le partenaire désigné se rapproche, entre puis ferme ma cellule à copuler. Clignez des paupières. Samedi, Mon Épouse et Cruz Poutre nous chassent de la ville pour une partie de campagne dans la villa familiale, accrochée au rocher d’un village du Gard. Entre deux pages de Jalouse et Voici, Super Pénélope questionne Duchesse, en extase sur une chaise longue : « Maintenant que j’ai fini mon atelier « lime à ongles », je pose une ou deux couches de vernis ? ». Échange pré-estival tout aussi fondamental que le reproche fait par K-line à la gent masculine : « Les mecs, lorsque vous finissez de pisser, vous pourriez vous tamponner le gland afin de ne pas pourrir la cuvette des chiottes ». Le week-end défile lentement sous un doux soleil entre jeux de sociétés primaires (Uno et Mafia), photo-jets sur fainéants assoupis et forte alcoolisation nocturne. Lady Wonder et Félix joueront tout le week-end au couple en décalage horaire. Raphaël Ruffier tentera de nous faire peur dans un cimetière abandonné par lecture de nos noms respectifs sur les pierres tombales abattues dans de hautes herbes. Clignez des paupières. Lundi, nous pataugeons les pieds dans le Gardon. Au loin, une banquise de grenouilles en chant berce notre pique-nique bienheureux. Je regarde une dernière fois la plage de galets, tape ces derniers mots puis ferme l’Ibook et les paupières.

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