Ils mènent une vie normale

Il se sent libre de ne plus être dans les « affaires ». Nous suivions ses migrations de L’Escalier à Mon Manège à moi jusqu’au Comptoir Saint-Hélène et, enfin, au Campbell. Ce mardi, Jean-René est libre, en retrait de ses beaux bars bienfêteurs.


Sur les berges, Quai des Guinguettes, il me bise à toute gorgée de bière et croit déceler une féminité romanesque chez Marie-Stéphane Guy. Face aux danseurs en ligne de l’espace fluvial Lyon Capitale, nous piochons dans un sac à bonbons entre Laurent Radix se dandinant au bras de sa maman, Petit Poucet en retour des plages cannoises ou Paul Satis, toujours peu enclin à la déconne. Clignez des paupières. Avant notre départ pour la caserne de la Madeleine, les portables imitent des gyrophares fluorisés et textotent nos départs pour le bal des pompiers attendu. Robert V. inscrit : « Je passe par rue Pierre Corneille (autre fête de camions rouges, ndlr) avant de vous rejoindre ». Assis sur le bar, Christian Johan Bégot trinque à cette future quête du sacré mâle au casque d’argent. L’homme délicat, qui fêtera à la rentrée les 30 ans de sa boutique CJB en compagnie de guest stars du stylisme, décline notre invitation à danser. Craignait-il un trop-plein de filles faciles et mal fringuées ? Clignez des paupières. Dans la cour de la caserne, les femmes se sont mises sur leur 18 soit une débauche de jupes courtes, chemisiers à fanfreluches ignobles et regards surlignés vers un unique et obsessionnel objectif : baiser un pompier. Ici, le commun des mortels mâle n’existe plus. Super Pénélope lance sa tournée des quatre bars à thèmes et relève : « Le winter bar est le plus réussi et fournit les plus beaux soldats ». Frédéric Sicre se sait plus où donner des yeux. Robert V. nous conseille : « Pour réussir à tirer un pompier, il suffit de lui faire oublier, l’instant de trente secondes, que tu es un mec ». Clignez des paupières. Dans la chaleur du bar à champagne, loin du dancefloor en chant sur une musique ancestrale, Jean-Pierre Flaconnèche siphonne quelques coupes. Nous vidons les bouteilles en matages intensifs de toute part. Jean-René se prend d’affection pour une « Michelle Pfeiffer dans dix ans », blonde des champs décolorée, permanentée à l’ultime et attablée avec son pompier de mari. « Voilà un couple heureux. Ils mènent une vie normale, contrairement à nos existences compliquées », affirme le gentleman comme envieux d’une image du couple que nous serons, à jamais, incapable de singer. Au winter bar, je pagaie dans la neige synthétique. Un homme du feu me décore de l’installation tandis que Marie-Stéphane se permet toutes les poses photographiques en poigne à une planche de surf et au cou d’un Tony, proie unanime de tous les vagins en flamme. à la standing fixation de Fréderic sur un Damien vavavoum, je m’attarde auprès de Yannou. The firegirl, « complètement nympho ce soir », selon Primabella, peste : « Yannou ? Pour porter un surnom pareil, il doit être vraiment trop brave… Moi, il me faut un mâle dur et direct qui me prenne à quatre pattes. » Drunky, nous applaudissons l’arrivée aux fenêtres en étages d’une dizaine de pyromanes encasqués qui brandissent des torches en feu et illuminent la cour d’un rouge chaud. Clignez des paupières. Après une tentative de dégrisement au Medley, un serial fucker brûle mon sang par reniflement intense de poppers dans un box de La Jungle. Clignez des paupières. La fête Nationale marquera le début du relâchement d’attention et d’entrain. Ma tête se vide, vagabonde dans le rien. Mon corps se détend, demande le sommeil que mes nerfs lui refusent trop souvent. Les jours de juillet commencent à exiger calme et tranquillité. Je crois, encore, qu’à force de trop abuser et pousser mes limites un peu loin, je finirai par claquer. Clignez des paupières. Pourtant nous récidivons, samedi, sur la Guinguette chinoise. Catherine A. est partie pour Barcelone et Patrick P. en revient le teint sablé d’un soleil catalan désirable. Christophe B. et Primabella nous convient à un souper en appartement sous des enceintes pleurant un crachin du mix pourtant amourable des Twins K. Sur les quais, nous ramassons un PV déplaisant sur le pare-brise. Je pars râler au milieu d’un troupeau de CRS posté sur le trottoir. « Oui, c’est un PV. Et alors ? Monsieur, vous ne conduisez pas, j’espère. Votre haleine semble chargée en alcool », me casse un bleu sarkozique. Je remballe mon audace et promets vengeance sur le prochain flic que j’allongerai dans mon lit. Clignez des paupières. Le spleen des nouvelles chantées par Boris Vian accompagne notre repas nocturne. Christophe chante. Stéphane Breyton nous rejoint pour le dessert. Super Pénélope et Anne LS nous attendent à l’after guinguette donné chez Philippe Chavent en texto : « Prenons La Tour ! » Devant l’hôtel, certains tentent de reprendre leur souffle. à l’intérieur, une ambiance pour aveugles nous fait descendre des Martini Dry à ne plus pouvoir marcher droit. Un ressenti de non-partage nous ferme les paupières noircies.

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