Évolutions 05

Ne prendre aucune résolution et mettre les pieds dans le vague du 1er janvier. Sourire à tous les fous qui disent bonjour dans la rue sans se poser de questions sur sa propre santé mentale. Boire plus de café. Ne pas se sensibiliser à cette jeune femme qui pleure son amant perdu dans les bras de sa meilleure amie sur le bord de la rue Désirée. Fumer encore plus. Revoir Biarritz.


Forcer ma soeur à m’apprécier comme un pédé bien content de son bordel sexuel. Ne pas tourner en rond. Dessiner un rectangle puis foncer dans la clôture. Boire plus d’alcool. Niquer l’ordre. Niquer ces prophètes de l’hygiène qui obligent la jeunesse éternelle sous cellophane asphyxiant. Bien faire comprendre à notre entourage que nous sommes nés pour mourir. Ajouter ensuite que la mort fait vivre plus fort. Ne jamais refuser un effet stupéfiant. Pleurer pour de vrai. Ne pas s’énerver lorsque l’amour s’approche trop près de son inconfort confortable. Cligner des paupières. Voir Bruxelles. Ne pas crever cette année. Penser à dormir. Danser jusqu’à ne plus penser. Faire des bises à Anne LS à la sortie de Montjuic, un grand matin de Sonar. Laisser sa queue un peu tranquille. Soigner son alimentation. Toucher l’épaule des aimés. Revoir Mon Épouse. Revivre Mon Épouse. Essayer de courir cinquante mètres pour cracher un peu de poumon. Gagner l’argent qui ne sert à rien. Gagner l’argent pour s’enrichir la tête. Gagner l’argent pour flamber dans un crématorium. Relire Barjavel. Relire Jean Tardieu. Dire à Super Pénélope que je l’aime. Voir un dentiste en lui hurlant sa rage. Envoyer un mot d’excuse à sa psy que l’on a plantée comme un bien guéri il y a trois ans. N’enterrer personne parce que les cercueils ne sont pas beaux. Discuter avec un de ces idiots qui courent, skis à l’épaule, prendre le premier métro. Se surestimer. Se questionner sur ses valeurs fondamentales. Dépasser les limites. Casser les bornes. Manquer de respect aux populistes de droite. De gauche aussi. Goûter une tarte à la rhubarbe meringuée. Lécher le corps d’un amant serviable. Parler des non-dits. Réserver un espace aux non-dits. écrire à Duchesse que je n’y peux rien. Qu’elle n’y peut rien. Que l’on n’y peut rien. Ne pas lui marquer ma peine. Tenir la sienne. Cligner des paupières. Revoir Venise. Trouver des pseudonymes à Marie-Stéphane Guy et Raphaël Hermano. Se sentir grandir. Ne jamais aborder la majorité. Se méfier des compliments. évacuer les inutiles. Ne pas perdre de temps à réfléchir son présent trop vite passé. Se faire servir dans un restaurant. Toujours de la politesse avec les stupides. De l’exquise politesse avec les prétentieux minuscules. De l’indulgence avec les médiocres ambitieux. Rejauger son niveau de connerie. Ne surtout pas pousser des cris d’horreur face à sa connerie. Trouver des sentiments exotiques. Douter que le grand retour de la trance progressive soit une bonne chose pour la musique électronique. Payer un non-retour en TER au premier modeur qui use « C’est tendance ». Refaire sa Paris Hilton en bord de plage. Voler une fleur. être toujours maladroit. Assumer son brouillon. Pratiquer la non-usure. Attendre le retour de Christophe B.. Écrire un bouquin comme Blandine Chrétien. Rire. Encore rire. Avoir mal au ventre de toujours rire. Cligner des paupières. Sentir des odeurs d’herbe coupée, de foin et de feu de bois. Prendre à pleine bouche la langue de ce mec au regard innocent. Se moquer des rockeux. Voir si l’imitation de Gary Cooper est possible. Prendre la chair comme elle vient. Trier ses numéros de téléphone. Revoir Paris. Jouer plus souvent du mensonge. Pas trop fort non plus. Tutoyer Patrice Béghain. Bien vouvoyer les inconsistants ou proies potentielles. N’applaudir que les dj’s capables d’être violents ou hypnotiques. Se trouver des têtes de Turc et s’acharner dessus même si, au fond, on ne veut pas être méchant. S’endormir sur un sofa de disco. Promouvoir l’Americano et le Martini Dry comme des drinks chics. Pousser les vieux aigris du haut de l’escalator. Toujours capable de se tuer. Travailler à être capable de tuer non pour projeter la fin sur autrui mais pour prévoir le cas où la passion le demanderait. Inventer des incivilités. Déguster des huîtres un dimanche après-midi. Ne pas oublier le vin blanc. Pendre les « brunchers ». Affectionner le « On va se détendre », « Mon chou » et « Non mais bien sûr ». être classieux dans sa vulgarité. Euthanasier les chiens à la mode. Espérer que le prochain maire ne soit ni Collomb et encore moins Perben. Se pencher au bord d’une falaise pour ressentir l’appel. Se mettre en colère pour rien. En être fier. Porter le casque Stanton encaissant un « fly life » des Basement Jaxx survolumé. Faire encore plus con qu’un animateur de radio FM. Imaginer une vie rangée. Chose faite, ranger l’affaire dans un coin. écrire ici. Cligner des paupières pour nettoyer sa vue carnassière. Danser encore. Pleurer encore. Rire encore. Se blesser encore. Se relever encore. Baiser encore. Toucher encore. Mourir plus tard. Fermer les paupières pour ne pas s’abîmer.

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