Sur mes prises de médocs (1)

Je n’ai jamais aimé prendre des médicaments (qui aime ça, en fait ?). Encore moins des traitements pour le moral, pour « aller bien ». La première fois que j’ai pris de ces merdes faites pour positiver, ce fut les jours suivants le décès de ma mère. On me donna un traitement de bourrin, du Tranxene 50 à hautes doses pendant quelques temps. J’avais 22 ans. C’était chouette dans le désagréable : j’étais comme dans du coton, mes yeux cherchants à travers ce blanc doux à voir l’immontrable, l’invivable. Je me rappelle de quelques élans de lucidité (la fosse familiale grande ouverte lors des obsèques, le noeud de cravate que l’on me fit, des personnes qui me tenaient debout pour éviter de tomber). Ce fut ma première expérience chimique de l’anti-douleur.

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