Changer de trottoir.

Alors que je considère le travail, non pas comme une valeur, mais comme une forme de prostitution sophistiquée, le seul endroit où je me sente protégé actuellement, c’est au bureau. Un job de merde (on peut l’écrire) mais que je fais correctement, avec professionnalisme. Je n’ai jamais su me sentir distant des jobs que j’ai pu exercer. Cela présente et présentait certains inconvénients : faire quelque chose sérieusement alors que beaucoup s’en fout(ai)ent, trouver un intérêt dans le job, tendre à être parfait. Mais, non, le travail n’est pas un constituant de qui je peux être. C’est plus facile dans le monde du travail : il y a des codes, des astuces, des règles, pour le groupe. Pas pour moi ou mon voisin. Mais pour toute l’entreprise (ou qui se dit « entreprise » mais n’est parfois qu’un trottoir vivotant). Cela m’agace, plus que la normale, toutes ces putes missionnaires qui pleurent « Vivement les vacances », « Vivement le week end », « Vivement la retraite ». Ou, pire, celles qui pleurent de leurs conditions de travail. Je pars du principe que je suis une pute qui doit faire ce qu’on lui demande. Et que si ce qu’on lui demande me fait mal au cul, je dois faire en sorte de changer de trottoir. J’ai bien conscience que certain(e)s, géographiquement, socialement, familialement, ne peuvent pas changer de trottoir. Mais, voilà, c’est aussi simple que cela, le monde du travail. Beaucoup plus simpe que l’affect et les relations intimes et amicales.

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