10 mai 1981.

Je n’ai pas de souvenir particulier de ce 10 mai 81. Je courais vers mes onze ans et plus dans les près avec mes copains que dans les meetings ou débats politiques des cuisines familiales. Même si ma mère m’a pas mal trimballé dans des soirées électorales alors que je ne devais avoir que cinq ou six ans. Elle s’était présentée lors d’un scrutin local sur la liste du PC. Et s’était pris une belle veste. Je ne sais pas de quelle sensibilité politique était mon père, mort trop tôt pour en parler ensemble. Mes grands parents mater et pater étaient (« sont » pour mes grands ma toujours vivantes) de gauche modérée. Plus socialistes que cocos. Je crois avoir commencé à m’intéresser à la politique à partir de l’arrivée de Chirac comme premier ministre en 86. Ai fait la grève et toutes les manifs contre les lois Monory-Devaquet. Je pense que ma conscience politique s’est développée à cette époque du lycée. En classe de terminale, 17 ans, j’ai milité à fond avec une copine pour Mitterrand. On portait de façon ostentatoire les badges « Generation Mitterrand » (quelques profs nous demandaient de les enlever pendant les cours, d’autres souriaient, complices). Le slogan était parfait. En terme de com et de symbolique, un sommet. Car nous étions bien de la « génération Mitterrand » : grandi avec lui ou contre lui. Il faisait parti de notre quotidien. J’ai une profonde admiration pour cet homme avec tous les clichés que l’on peut sortir lorsque l’on parle de lui : un homme romanesque, un tyran, un roi, un amant, un filou, un homme de droite opportuniste, un ultra-cultivé, un homme au passé trouble. Un vrai et grand personnage. J’ai toujours aimé suivre ses prestations télévisées car il avait une façon de manier le verbe qui m’impressionnait. Ses mots caressaient, cassaient, lattaient. Transpiraient l’humain dans tout ce qu’il a d’enviable, d’admirable, de détestable. Politiquement, son « oeuvre » est une fumisterie gigantesque dont on ne s’est toujours pas sorti. Le mitterrandisme existe bien contrairement au sarkozysme (qui n’est qu’un mot abusivement utilisé par les journaleux). Ca n’a pas de sens, le sarkozysme. Ce n’est pas une idéologie, c’est juste de la communication brouillonne. Le mitterrandisme, c’est la promotion de « la culture pour tous », l’état providence, l’ascenseur social, la protection des plus faibles. Mais ce n’était qu’un discours. La pratique du pouvoir des socialistes a été autrement plus libérale et injuste que l’idéologie vantée par le père tout puissant. C’est en cela que le mitterrandisme, pour moi, est assez crade. Certes, il a essayé. Mais aussi, il a bien et beaucoup berçé ses « compatriotes » dans un espoir qu’il tuait lui-même en cachette.

0 comments on “10 mai 1981.Add yours →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*