Sur la perte (1).

J’ai survécu à deux morts violentes : le père par pendaison. La mère par crash routier. Le premier ? J’avais à peine dix ans. Donc je ne me suis pas rendu compte. Le seul symptome notable fut que l’année suivant son suicide, j’avais des migraines horribles. Ma mère me fit passer une journée au CHU de Limoges pour des examens. Encéphalogramme avec les cheveux pleins de sperme séché après le merdier où l’on vous met une sorte de casque en plastique résillé sur la tête. Batterie de tests où je devais, entres autres, suivre un point blanc sur une parabole. Test de QI où, soit disant, j’étais super intelligent. Toute une merde qui n’aboutit à rien d’autre qu’un constat de suractivité cérébrale. Le post trauma du suicide du père. Plus tard, ado, ça tournait pas mal dans ma tête. Pas sur mon père mais sur la culpabilité. Ma culpabilité. Ne pas avoir été en âge de raison pour connaître mon père. Peut-être même, être une des raisons de sa mort.

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