Sur la perte (3).

J’ai passé deux ans (minimum) après la mort de ma mère, isolé. Achetais des bouquins et des CDs à la Fnac. Un gros client de la Fnac. J’achetais et rentrais m’enfermer chez moi pour écouter de la musique et lire des bouquins, de psy généralement. Cumulais les CDs et les publications de PUF. Jusqu’au jour où je me décidais à aller voir un psy. Parce que je savais que ma vie n’avait rien de normale. Parce que les morts étaient plus présents en moi que moi dans la vie quotidienne. J’ai appris, non sans douleur, tous les mardis soirs, que je n’étais responsable en rien dans les morts de mes parents. J’ai appris, certainement, à ne plus me sentir coupable. A ne plus avoir de regrets. A bannir le conditionnel de ma vie. « Si j’avais… » était mort. Et je revivais. Enfin.

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