Maladif.

Ce midi, à la cafétaria, je pose mon plateau sur une table. Je m’assois. Je débute par l’entrée. Je lève les yeux et à dix mètres en face de moi, un homme, la cinquantaine. Bel homme grisonant, avec le nez large, les sourcils très fins, une faussette au menton. Mangeant seul, côté fenêtre. J’ai fixé cet homme tout le déjeuner. Il avait la silhouette et un visage proche de ce pourrait être celui de Mr Bone dans quinze ans. La même silhouette. Mais plus que le physique presque similaire, ce qui m’a fait le fixer est qu’il avait exactement la même gestuelle que Mr Bone. Comme un siamois du geste : La même façon de manger. La même façon de pencher sa tête. La même façon de rejoindre ses mains en se crochetant les doigts. Cela m’a d’autant plus troublé que cela m’a rappelé que je suis encore loin d’être libéré de l’autre. Parce que j’ai tellement regardé, observé l’autre, que je l’ai connu par coeur que le détachement ne vient toujours pas.

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