Journée particulière (3).

Au Transbordeur, ce soir, j’ai retrouvé un ancien collègue de la rédaction pour laquelle j’ai bossé pendant neuf ans. Nous ne nous étions pas croisés depuis mon départ du journal. Je lui fais un rétro peu glorieuse de ma vie actuelle en suite de sa question « Que fais tu maintenant ? » Et sur l’histoire avec Mr Bone, il me lance : « Ah oui, ton bucheron ». Sa remarque me revoit à l’époque où j’ai rencontré l’autre. Toute la rédaction était au courante que j’étais amoureux. Ca rigolait aussi pas mal sur « Pourquoi Gaspard se maque avec un type bucheron ? » Comme si, j’ai pu le sentir parfois dans certaines remarques pas fines du tout, le journaleu que j’étais ne devait pas se maquer avec un type hors milieu, hors ce microcosme journaleu-cultureux-communicant-politique. Beh, non, je n’ai pas envie de baiser ou de vivre forcément avec un type de mon « milieu » ou d’un milieu voisin. Pour revenir à ces retrouvailles, cet ancien collègue me dit « Pourquoi n’écris tu pas à nouveau ? Tu dois écrire. » Je lui réponds que je suis un pauvre type qui s’enferme, qui n’a pas la curiosité des autres, qui a perdu la curiosité des autres. Le job de journaleu, dans mon esprit, est un job de curiosités à chaque instant. On bouffe de l’humain en permanence jusqu’à l’overdose parfois. Et ça, beh, mon état ne me le permet pas. Il me regarde et me dit en gros, que si la matière d’écriture n’est pas les autres, qu’elle soit moi, que j’écrive sur moi. Cette remarque est conne sans l’être.

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