Dénouement.

J’ai une sacrée famille de merde. Et des copines et copains extra. Si je regarde bien le « comment me suis-je construit ? », je ne vois aucun avantage du côté familial. Si, peut être le fait qu’ayant évolué dans un cercle familial matriarcal, je sois vite devenu pédé. Le reste n’est qu’emmerdes à répétitions : Le père qui a eu bon goût de se pendre avant mes onze ans. La mère qui se fait buter par un camping car sur une route de campagne au début de ma vingtaine. Une soeur qui a opté pour une calculatrice à la place du cerveau et surtout une inébranlable envie de normalité (du coup, ça fait tâche, un frère pédé pas super ambitieux et pauvre). Des oncles et tantes aussi bouseux qu’ils peuvent être méchants (cela va de pair souvent et je ne renie nullement ma campagnardise). Des grands-parents gentils mais traînants des casseroles intimes qu’ils font supporter à leurs progénitures. En somme, tout pour pourrir une vie. Et puis, il y a des rencontres, des croisements, des bouts de vies, des parcours communs avec des personnes dites « étrangères ». Ce sont elles qui m’ont construit. Ce sont elles qui m’ont nourri. Ce sont elles qui m’ont fait avancer dans cette vie de mec un peu bancal. Avant de m’auto-enterrer, j’étais souvent fier de la qualité de mes relations. Je me disais : « Bah, si untel est proche de toi, c’est que tu es un mec bien, finalement. Parce que ce untel n’est pas la moitié d’un con. Parce que ce untel est une personne rare ». Des personnes rares, j’en ai rencontré. Pas énormément. Mais surement plus que la moyenne de mes contemporains. Peut-être que je me trompe mais j’ai l’impression d’avoir fréquenté, partagé, avec des personnes pas si communes que cela. Peut être que tout le monde se dit que son entourage est exceptionnel. Je ne sais pas. En tout cas, le mien a été exceptionnel. Aujourd’hui ? Aujourd’hui, j’ai mis tout le monde sur la touche et je coule. Et je ne suis pas bien sûr que ce monde là comprenne vraiment pourquoi je coule. Veuille comprendre pourquoi je coule. Je ne leurs en veux évidemment pas. C’est ainsi. En tout cas, j’adore mes anciens amis, potes, copains. Je déteste ma famille.

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