Toujours plus vite.

Lorsque j’étais kid, je partais tous les étés chez mes grands parents en vacances dans le Périgord. Un mois chez les mater et autant chez les pater. C’était peut être plus confortable chez ces derniers. Parce que j’étais le fils de leur fils unique mort et qu’ils avaient tendance à tout me passer. Soit « Gaspard, prends un billet dans le tiroir du buffet ». Mes grands parents pater étaient de vrais paysans, tendance forte « métayers ». Je me rappelle certains soirs où j’arrivais en retard pour le dîner. Je prenais la mobylette de mon grand Pa’ pour aller faire le con avec les autres kids du village ou en vacances dans la région. Lorsque le ciel proche du brun, j’approchais de la maison familiale il arrivait souvent qu’aucune lumière n’en sortait. Je poussais la porte. Allumais la grande pièce. Là, assis au près de la cheminée, mes deux anciens qui patientaient, dans l’obscurité totale. « Que foutaient-ils assis comme ça dans le noir à m’attendre ? » En prenant un peu de recul, plus tard, et après avoir discuté, tout paisiblement, avec mon grand Pa’ quelques mois avant sa mort (« Tu comprends, j’attends ma mort. J’en ai assez »), je me suis dit que plus la société évolue, plus elle nous force à tout faire vite et à montrer que l’on vit et que l’on a envie de vivre. Et nous devons « faire ». Faire. Faire. Faire. Il ne faut pas rester immobile. Il faut même montrer. Montrer. Montrer. Montrer. Il ne faut pas caler telle que ma vie a calé depuis quatre ans bientôt. Comme si tout devait aller plus vite, toujours plus vite. « Et si tu n’avances pas, si tu restes à attendre l’arrivée de ton petit fils dans le noir, tu n’existes pas. » Mes grands parents devaient peut être avoir un sens du silence et de la patience fort louable.

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