Puer la mort.

Je me demande si lorsque notre enfance et post adolescence ont été chahutées par des évènements violents, des morts, on ne finit pas par avoir la mort inscrite dans notre chair, constamment présente. Plus que cette dernière devrait avoir place dans notre vie. Personne ne pense mourir. Ou très peu. Tout le monde va mourir. Et très peu ne veut le savoir. J’écris « nous » en début de billet mais dois écrire « Je » afin d’être plus cru : Quoique je fasse, je le sais, je n’échapperai jamais à mon histoire. Je n’échapperai jamais au fait que les morts violentes de mes parents ne me laisseront jamais en paix, ne me feront jamais croire que je ne vais pas en finir avec la vie. Je vais en finir avec la vie. Je peux m’arranger avec les morts pour vivre bien mais ils sont toujours là. Certains pourraient balancer « si tu sais que tu vas mourir plus que les autres, alors, pourquoi ne profites-tu pas plus de la vie ? » Je ne sais pas répondre à cette supposée-question. Je porte en moi des morts et je suis vivant. Voilà, c’est tout. En écrivant ceci, je pense à mon rapport au sexe depuis quatre ans, depuis que Mr Bone s’est cassé comme un fuyard, un lâche. J’ai un rapport au sexe assez sombre, je crois. Je peux baiser avec des inconnus et m’amuser parfois mais je crois qu’il y a quelque chose qui cloche vraiment depuis le départ de Bone. C’est du sexe stérile, presque mortel. Non dans la pratique qui n’est absolument pas « unsafe » mais dans l’intention : je ne veux pas donner du bien à l’autre. Ni du mal d’ailleurs. Je baise donc je ne suis pas, en fait. Comme du sexe mort.

0 comments on “Puer la mort.Add yours →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*