Ennui addictif.

Il y a des comportements remarquables dans ce quotidien de cons. Quand j’observe les alentours, quand j’expérimente, j’ai l’impression que mes contemporains se font chier. Autant que moi mais pas de la même manière : Je ne vis pas et refuse de vivre sûrement. Mes contemporains-dans-l’ennui, j’ai souvent l’impression qu’ils trouvent des drogues de substitution pour faire comme si ils ne s’ennuyaient pas, comme si leurs vies étaient chouettes. Par ici, ils sortent sans cesse dans des soirées qui, au fond, les gonflent. Ils sortent. Ils sortent. Prennent des drogues, mélangent les drogues, jusqu’à oublier que c’était chiant. Mais, au final, c’était « super, cette soirée » même si ils ne se rappellent plus de la soirée vécue parce que trop défoncés. Par là, ils baisent, ils vont de plus en plus loin dans les « délires » de baises parce que cela semble les faire changer, leurs éviter la « routine », l’habitude, l’ennui. Mais ils s’ennuient quand même. Lorsque j’écris cela, je suis évidemment le vieux con avec ses limites fixées par mon éducation ou un je-ne-sais-quoi. Mon vécu est toujours dans le non dépassement de moi-même. Soit je me drogue pour m’amuser suffisamment et si le barnum environnant me gonfle, je zappe. Soit je baise pour le fun et si cela devient du cul machinal, je zappe. Sur les drogues, je ne me suis souvent mis minable mais avec le parachute qui fait que je ne pars pas dans l’amnésie totale. Sur le cul, j’ai senti rapidement mes limites lorsque je fréquentais régulièrement des bordels à queues. Au départ, je baisais avec un mec dans une cabine. Puis, cela devenait un peu trop ennuyeux donc je baisais avec deux mecs dans la cabine. Puis cela devenait encore plus ennuyeux donc je laissais la porte de la cabine ouverte et ordonnais à celui-là de venir ou celui-çi de partir. Puis, une nuit, un type voulait que je le frappe avec sa ceinture de jeans. Je l’ai donc frappé. Et, à partir de ce moment, de cette expérience où je me retrouvais sur le cul d’un type en train de le fouetter, je me suis demandé si ce que je venais de faire était « moi » ou n’était qu’une escalade dans l’ennui. La réponse fut évidente. Et j’ai arrêté ce genre de trip. Et j’ai compris que l’ennui était en moi. Jusqu’à la rencontre avec Mr Bone.

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