Aftersw:m.

Ce que j’aime bien dans le vestiaire commun de Garibaldi, c’est le manège des mecs, leur pudeur ou impudeur. Il y a ceux qui enlèvent leur slip sous une serviette attachée autour de la taille et ceux, comme moi, qui se dépoilent naturellement. Je ne suis pas là à me balader cul nu et bite à l’air pendant dix minutes (certains le font et cela ne me dérange pas) mais, voilà, une bite est une bite, un cul est un cul et je ne vois pas ce qu’il y a de si intime à dévoiler deux boules et une queue pour être obligé de faire des acrobaties sous une serviette. Mon « impudeur » est un comportement acquis à contre-courant de mon histoire familiale. Adolescent, ma mère, belle castratrice, ne cessait de me dévaloriser physiquement : j’étais trop mince, j’avais des poils sur les jambes trop tôt et beaucoup trop selon elle. Toutes ces saloperies de reproches maternelles ont fait que c’était un vrai drame lorsque je devais me montrer en sous-vêtement ou maillot de bain. J’allais même, des soirs, jusqu’à me tirer les poils des jambes pour essayer d’en perdre. Les mères peuvent être de sacrées connasses vis à vis de leur(s) gosse(s), la mienne en particulier. J’ai commencé à assumer mon corps petit à petit. En baisant, principalement. Lorsque je commençais à fréquenter les saunas pédés, j’étais assez mal à l’aise les premières fois. Puis, je crois que l’expérience du sauna m’a décoincé : voir d’autres mecs à poils et souvent très exhibitionnistes m’a un peu libéré. Les aventures et histoires amoureuses m’ont également réconcilié avec l’image de mon corps. Si je ne suis absolument pas adepte du naturisme (je trouve ça assez moche, ces bouts de peaux abandonnés sur le sable ou dans la nature), pour se changer dans les vestiaires d’une piscine, c’est presque devenu ridicule à mes yeux de se planquer.

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