Retour avant départ.

Le Gardien de la Joconde m’appelle, jeudi dernier, me dit que je lui manque, que l’odeur de ma peau lui manque, que ma bite lui manque, qu’il en a marre de faire les soirées parisiennes à se mettre sur le capot, qu’il a fait le tour des plans culs à répétition dans son appartement de République qu’il déteste. Je ne lui demande pas tout ça. Mais il le dit tout de même. Il veut se « fiancer » avec moi. J’objecte, je prétends que ma maladie affective et ma situation financière ne sont pas compatibles avec des « fiançailles ». Il descend cependant du TGV à Part-Dieu, samedi matin. On se tripote un peu, beaucoup. Mais ma libido étant en train de se faire la belle, on ne baise pas. Je lui fais visiter la ville. Et je trouve ça chouette. Très chouette. Pour la soirée, il me dit : « Si on sort et que je fais ma pute, cela te dérange ? » Je lui réponds que non, qu’il fait ce qu’il veut mais qu’il ne me lâche pas dans la sortie nocturne, qu’on fasse comme si on était de très bons potes. On sort boire quelques drinks dans un bar avant d’aller à la grosse soirée pédé de Lyon, au Ninkasi Kao. Je savais d’avance que j’allais me faire chier parce que le style musical ne me plaît pas et que la population gay fréquentant cette soirée non plus. Mais je voulais lui faire plaisir et lui montrer Lyon et tout ce que peut faire Lyon. Le Gardien de la Joconde, en arrivant en zone, enlève direct son tee-shirt et part chasser. Je m’en fous. Je bois des drinks et observe le machin : une sorte de tech-house calée entre 130 et 140 bpms sans aucune cassure, sans aucune boucle sonore sexy. Juste du « tchick boom, tchick boom » monotone pour mecs en exhibitions. Je me fais vraiment chier. Et le Gardien qui ne revient jamais. Comme si j’étais le type qui livre un mec en taxi dans un lieu lyonnais. A 6h du matin, je le retrouve à la sortie. Il me dit qu’il va à l’after. Je tourne les semelles, usé par cette soirée de show off, dans laquelle le seul enseignement tiré aura été de me confirmer que les soirées de pédés présumés virils (« je me mets torse poil avec mon harnais, mes tatoos et exagère mes séances de salle de gym en me défonçant la tronche sur de la musique de merde et dansant comme un pied ») ne sont définitivement pas mon truc. Le Gardien m’appelle sur le phone : « Tu as mon pull ? » Je raccroche. Le rappelle plus tard en lui disant que je n’ai plus du tout envie de le revoir, qu’il peut rentrer à l’appartement quand il veut, que je n’ai rien contre lui. Mais que je n’ai plus envie de me plaquer contre lui. J’ai suffisamment à faire avec mon auto-destruction pour ne pas avoir à subir les contradictions et manques de respect d’autrui. Suivant.

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