Geometricks.

Je pense régulièrement à ce qui me plaît dans la dance-music. Qu’est-ce qui fait qu’un mix m’embarque plus qu’un autre, que je scotche des heures sur un track ? Le premier mot qui me vient à l’esprit, pour répondre à ces questions, est « géométrie ». J’aime la musique à danser à géométrie variable : plus celle qui forme une spirale que celle en ligne droite, plus les cassures breakées que le long roupillon d’une partition trop attendue. Lorsque je danse, mon corps me transmet un goût immodéré pour les sons hypnotiques, des boucles interminables qui, à force de se répéter, m’attrapent à fond le torse. Je pense à Ricardo Villalobos, par exemple : God Ricardo est capable de rester sur le même track pendant dix minutes en le triturant dans tous les sens avec pour seule fin, l’hypnose du danseur. Il y a trop, dans ce que j’écoute ces derniers temps, une structure linéaire et plate dans les mixes des types, un short-cut permanent qui interdit de s’attarder. Il faut que ça file, que ça monte ou baisse mais il n’y a pas de volumes, de géométries, sonores, pas de reliefs. Tout est écrasé sur un même niveau. Bien mixé, parfois, mais plat. Même lorsque le long play est narratif (ce qui est déjà pas mal et c’est une vraie prouesse artistique que de pouvoir arriver à raconter une histoire à un public), il y a quelque chose de l’ordre du psyché qui est totalement absent ou raté. Bref, c’est chiant. Je dois être aussi chiant sûrement. Mon corps est chiant.

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