Normalités exemplaires (2).

Je n’ai jamais jugé l’intimité d’autrui. Parce que je ne sais jamais ce qui fait qu’une personne vit une histoire (ou une non-histoire ou une fin permanente) avec une autre, ce qui fait qu’elle est capable de vivre et supporter ce que moi-même je ne pourrais pas supporter raisonnablement mais ai pu supporter dans la pratique. J’ai connu des histoires que je n’ai jamais bien compris. Mon ami d’enfance avait ses deux parents qui ne couchaient plus ensemble. Son père trompait sa mère ouvertement. Et cette dernière avait une petite statue de la Vierge dans sa chambre devant laquelle elle priait pour que son mari redevienne fidèle. Un de mes meilleurs amis, totalement gay, est monté amoureux, quelques mois, d’une femme qu’il a eu la « bonne » idée de mettre enceinte. Elle, je l’ai toujours suspecté sans jugement, était en « limite d’âge » pour enfanter et a cru que le gamin fait aller faire devenir mon ami, hétérosexuel et que l’amour qu’elle cherchait depuis des années serait là. Et non. L’ami vit avec un homme aujourd’hui et sa fille est une ado modèle et douée que n’importe quel parent hétéro envie. Un de mes meilleurs potes est marié et n’a jamais pu vivre sans avoir une maîtresse. C’est étrange, parce que même si j’ai plus d’affinités avec lui qu’avec sa femme, c’est toujours délicat que d’être face à quelqu’un à qui il faut mentir, ne pas dire que « la semaine dernière, XX est venu avec sa maîtresse passait le week end chez moi ». Un des meilleurs potes est en couple depuis des années avec un homme. Lui aussi, il a toujours eu besoin d’avoir un amant attitré. Son campagnon, qu’il aime, sait tout, voit tout. Et l’histoire continue. Une copine s’est faite mettre enceinte par un connard qui s’est barré lorsque la naissance de son enfant arriva. Une autre a jeté le père de son enfant juste après la naissance. Un couple d’amis hétéros se fout sur la gueule en permanence mais continue l’histoire. Mon dernier couple était un fight permanent et j’ai fait durer l’histoire pendant trois ans. Ces quelques exemples pour tenter d’exprimer un malaise face à ce que l’on nous définit comme la vraie vie amoureuse, les vrais couples, les couples normaux, les familles normales. Comme si, par exemple, les pédés, moi pédé, je n’étais qu’un animal qui ne sait que baiser, qui ne sait pas aimer ou regarder, soutenir, aider ceux qui tentent d’aimer et/ou aiment. Je voudrais que l’on en finisse avec cette « séquence » du mariage homo. Parce que c’est vraiment insultant pour tout le monde et pas que pour moi.

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